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15 mars 2009

La modération islamique

La modération, dans la conception islamique, constitue réellement la caractéristique singulière qui distingue la méthode islamique de toutes les autres tendances philosophiques ayant empreint la civilisation islamique au niveau des valeurs, des critères, des repères et des détails… Tant est si bien que cette modération est comparable, pour la méthodologie et la civilisation islamiques, à une sorte de kaléidoscope qui cristallise ses rayons, sa perspective et trace ses repères.

En bannissant l’excès injuste et l’extrémisme abusif, ce concept de la modération s’érige en pareille position nodale en ce sens qu’elle reflète d’abord l’instinct humain dans sa pureté originelle, sa simplicité et sa profondeur intuitive, elle-même l’expression de la disposition naturelle des hommes tels qu’Allah les a créés. C’est précisément le cachet qu’Allah a voulu imprimer à la Oumma de l’Islam conformément au verset coranique : «Et aussi Nous avons fait de vous une communauté de justes pour que vous soyez témoins aux gens, comme le Messager sera témoin à vous.» (Sourate Al Baqarah, 143).

Elle est la justesse entre deux faux, la modération entre deux extrêmes et la position équitable qui tient compte de la pondération, tout en se refusant de verser dans l’excès. Car, tout penchant à l’excès est un acte de démesure qui fait incliner la balance et, de ce fait, pécher par manque de modération islamique globale. Un tel acte s’avère de toute évidence sans possibilités de témoignage ni de témoins.

Or, cette modération islamique globale est loin de ce qu’en pensent les gens communs : une absence de position claire et bien définie devant les questions et problématiques. C’est justement là que réside la difficulté de prendre position, sans pour autant s’aligner sur un des pôles béatement et simplement.

Dans cette optique, la notion de la modération se situe au-delà des significations triviales qui ont fait florès parmi les gens communs. Elle n’est pas non plus cette autre modération aristotélicienne comme le perçoivent nombre d’intellectuels, de chercheurs et d’étudiants de la philosophie occidentale, dans la mesure où la modération, selon l’acception d’Aristote (384/322 avant Jésus Christ), fait de la vertu le milieu entre deux vices.

Chez Aristote, le concept de la modération s’apparente, dans sa position de milieu, à un point algébrique qui séparerait, à une distance égale, deux pôles/deux vices. Ainsi perçue, elle n’est, en définitive, qu’un point algébrique, une position statique et quelque chose d’autre sans rapport aucun avec les deux pôles. Or, elle ne correspond nullement au concept islamique du juste milieu.

Dans l'optique islamique, elle est une véritable troisième position, une nouvelle attitude réelle. Son emplacement au centre de deux postulats contradictoires n’implique nullement qu’elle en porte les caractéristiques, les composantes et les traits. Elle est différente des deux pôles, mais pas en tout : cette différence consiste à rejeter l’autarcie et l’enfermement sur les traits d’un pôle aux dépens des autres.

En tant que nouvelle et troisième position, sa singularité et sa nouveauté tiennent au fait qu’elle synthétise et rassemble, dans le cadre d’un système homogène, tous les traits, toutes les composantes et caractéristiques que comporteraient deux pôles différents. Et c’est en ce sens qu’elle s’érige en modération (globale) qui se distingue de celle prônée par Aristote.

La balance de l’équité -la modération étant une équité entre deux injustices- ne saurait être équilibrée en ignorant une partie aux dépens de l’autre. Seule la modération globale peut la tenir en équilibre, en tenant compte des faits et des arguments des deux parties belligérantes -les deux parties de la balance-.

C’est dans cette optique qu’intervient le hadith du Prophète Mohammed, prière et salut soient sur Lui, «Le milieu: la justice. Nous avons fait de vous une communauté de justes», (rapporté par l'Imam Ahmad), comme une illustration de la quintessence du concept de la modération en Islam.

De même, c’est à la lumière de ce concept islamique de la modération que nous percevons les versets coraniques qui ont fait allusion à cette caractéristique spécifique de la méthodologie islamique en matière de réforme. La communauté de l’Islam s'entend ainsi de ceux «Qui, lorsqu’ils dépensent, ne sont ni prodigues ni avares, mais se tiennent au juste milieu.» (Sourate Al-Furqâne, 67).

En matière de dépenses toujours, le juste milieu a été évoqué dans d’autres versets coraniques comme «Et donne au proche parent ce qui lui est dû, ainsi qu’au pauvre et au voyageur en détresse et ne gaspille pas indûment.» (Sourate Al Isra’e, 26), ou dans la même sourate (verset 29) «Ne portes pas ta main enchaînée à ton cou par avarice et ne l’étend pas, non plus, trop largement, sinon tu te trouveras blâmé et chagriné».

Autant dire qu’il s’agit-là d’un mode de vie loin de tout monachisme ou hermétisme monastique, mais aussi loin de la concupiscence animale libérée de toutes obligations.

Si l’on voudrait prendre la mesure de l’avantage immense qu'offre la modération globale et son incidence sur la méthode islamique en matière de réformes -une fois observée et mise en œuvre-, on s’apercevrait aisément comment cette approche a toujours représenté, pour la réforme islamique, une alternative qui a permis de passer outre des déchirures, des éclatements et des dualismes contradictoires du genre qu’ont connu d’autres civilisations, en premier lieu la civilisation occidentale.

Outillée de cette modération globale, la méthode islamique ne connût point de contradiction tranchée qui soit sans issue entre des dualités opposant l’esprit et le corps, la vie et l’au-delà, l’être et l’objet, l’individu et la communauté, la pensée et la réalité, le matérialisme et l’idéalisme, le muable et l’immuable, le nouveau et l’ancien, la raison et la tradition, la force et la loi, la science et la religion…

Autant de dualismes qui, dépourvus d’une approche basée sur le juste milieu, ont conduit aux fameuses scissions prononcées dans la philosophie occidentale entre matérialistes-idéalistes, matérialisme-idéalisme, rationalistes- théologiens, scientifiques-religieux et philosophes-croyants. Ces dualités ont émaillé la période hellénique et antéislamique de cette civilisation, jusqu’à nos jours, en passant par la période de la Renaissance.

La modération islamique globale fut, pour notre civilisation et pour la méthode de la réforme islamique, une balance de ces dualismes et de leurs corollaires de déchirures et d’excès. A ce titre, elle fut un critère d’islamité des modes de pensée et du réformisme islamique.

Ainsi en est-il de l’appel réformiste de l’Imam Mohammed Abdou (1265/1323 de l’hégire, 1849/1905 de l’ère chrétienne), lequel s’est illustré par sa réflexion sur les dualités ayant marqué le quatorzième siècle de l’hégire, dans un contexte civilisationnel caractérisé par l'immobilisme et la prévalence de la tradition dans les milieux religieux de l’époque. Pareil penchant à la tradition fut un excès qui laissait la religion et le réformisme islamique sans prise sur la réalité et la vie, créant par là même un vide religieux dans cette même réalité. Cet état de fait avait pour conséquence d'hypothéquer les chances du réformisme islamique de s’ériger en moyen idoine de la Oumma pour réaliser sa renaissance et son progrès.

Cette conjoncture a en outre été marquée par l’invasion du modèle occidental en matière de modernisation et de progrès, dans le sillage de la campagne colonialiste occidentale moderne du monde islamique. Le modèle occidental était pourtant teinté de sa tendance excessive à s’aligner sur le temporel au mépris de l’éternel, sur la vie aux dépens de la religion, sur l’individu au lieu de la communauté, la matière et le positivisme aux dépens de l’esprit, la force au détriment de la justice…

Ce faisant, le modèle occidental a submergé l’espace philosophique, culturel et intellectuel d’une myriade de dualismes contradictoires qui ont exprimé, et expriment toujours, un sens aigu d’abus et d’exagération, situés tout à fait aux antipodes d’une réflexion sclérosée dont les étudiants en théologie, dans notre orient islamique, se délectaient à l’époque.

Et comme pour se démarquer des deux positions, -celles de la sclérose des théologiens et de la rigidité des étudiants des sciences occidentales-, l’Imam Mohammed Abdou a tenu à greffer à son approche réformiste celle de la modération islamique globale. S’appuyant sur cette modération, il écrit, pour distinguer sa position, sa méthode et son appel à l’adresse, à la fois, des tenants du traditionalisme et des partisans du modèle occidental: «En y appelant (son modèle réformiste), je me suis opposé à l’avis des deux grandes composantes qui forment le corps de la Oumma: les étudiants en théologie et leurs adeptes, d'une part, et, de l'autre, les étudiants des arts contemporains et leurs partisans»(1).

Ensuite, il explique que cette notion de la modération pour laquelle il opte ne procède point d'un choix subjectif, mais elle constitue la quintessence de la méthodologie de l’Islam qui le distingue de tous les autres excès ayant entaché les autres religions : «… L’Islam ne s’est pas révélé comme une spiritualité absolue ni comme une doctrine purement matérialiste, mais plutôt comme une religion à visage humain, une religion du juste milieu. En mettant en harmonie les dispositions humaines instinctives plus que n’importe quelle autre religion, il s’est baptisé Religion de la sainte nature (fitra). Ses détracteurs le lui reconnaissent, aujourd’hui, en le considérant comme la première école qui permet aux barbares d’accéder aux marches de la civilisation.»(2).

La modération est, donc, la caractéristique distinctive de l’Islam. C’est la raison pour laquelle l’Islam est qualifié de Religion de fitra, celle de l'humanité saine et normale, laquelle s’impose en tant que passage incontournable vers le chemin de la civilisation, comme en témoignent les adversaires mêmes bien avant les amis.

Le Maître, l’Imam, explicite cette modération islamique globale - de réforme- entre religion et vie quotidienne, en évoquant l’interprétation du verset coranique : «Et aussi nous avons fait de vous une communauté de justes.» (Sourate Al Baqarah, 143). Revenant sur les significations profondes de la corrélation que le Saint Coran établit entre les concepts de la modération islamique et de la conversion divine de l’Homme dans le verset «Et Allah guide qui Il veut vers un droit chemin», il explique que «c’est dans le sens de cette conversion que nous avons fait de vous une communauté de juste milieu».

L’Imam donne, par la suite, un aperçu sur le sens de la modération islamique dans le legs des ancêtres, avant d’exposer sa propre vision qui se veut une méthode d’approche et de réforme, en ajoutant que :

«Les ancêtres ont dit : le juste milieu est à la fois justice et option, car tout excès relève de la démesure et toute lacune est synonyme de négligence et de manquement. Or, l’exagération tout comme la négligence sont une déviation du droit chemin; elles sont, donc, un mal condamnable. L’option serait alors au centre des deux bouts de cette même chose; c’est-à-dire le juste milieu.

Mais l’on se demande : pourquoi a-t-on préféré le vocable du juste milieu à celui d’option alors qu’ils désignent, tous les deux, la même chose, quoique le premier dénote un sens d’engagement ?

La réponse implique deux cas de figure : Le premier suppose un choix préliminaire qui précède l’analyse à développer. Un témoin doit en être averti, car celui qui campe sur une des deux positions ne saurait connaître la situation réelle de son vis-à-vis et, encore moins, celle du juste milieu.

Le second implique que le vocable du juste milieu est porteur, en lui-même, d’une causalité et s’affirme en tant que tel. Il suppose que les musulmans sont une communauté de justes dès lors qu’ils optent pour le juste milieu. Ils ne sont ni des tenants d’excès démesuré en religion, ni des adeptes excessifs d’inaction. Ils se présentent ainsi dans leurs rites, leurs mœurs et dans leurs actions.»

Pour l'Imam, la modération islamique prend l'ampleur d'une révolution contre la dominance de l’excès -aussi bien celui de la démesure que de la négligence- qui a prévalu dans les rites et les systèmes de pensée antéislamiques. «Et pour cause, avant la révélation de l’Islam, les gens étaient scindés en deux groupes : Un premier groupe assujetti à ses traditions purement matérielles ne se souciant que de ses orgies corporelles, comme les juifs et les polythéistes. L'autre groupe est soumis à des traditions qui lui imposaient d’observer une spiritualité pure et d’abandonner la vie et ses plaisirs corporels, tels que les chrétiens, les sabéens et les adeptes d’autres confessions, dont les païens d’Inde.

Quant à la Oumma islamique, Allah lui a assuré la jonction entre les deux droits; le droit de l’esprit et le droit du corps. Elle est ainsi, à la fois, spirituelle et corporelle. Autrement dit, Allah l’a gratifiée de tous les droits humains, l’homme étant un corps et une âme, un animal et un ange.

Comme si le Seigneur voulait dire que : "Nous avons fait de vous une communauté de justes, capables de faire la part des choses entre les deux droits et d'aspirer à la perfection. Ainsi donc, par la force du droit, «vous soyez témoins aux gens» lesquels, ayant sombré dans le corporel, ont négligé la religion, et aux spiritualistes qui ont versé dans la démesure excessive. Vous serez témoins aux négligents qui soutiennent qu’«Il n’y a pour nous que la vie d’ici-bas: nous mourons et nous vivons et seul le temps nous fait périr». Persistant dans l'inaction et l'inertie, ils ont versé dans la bestialité et sacrifié les vertus spirituelles.

Vous serez tout aussi témoins aux tenants de l’exagération démesurée en matière religieuse qui arguent que cette existence ne serait qu'un corps sans âme et un châtiment pour l’esprit, et pour s’en affranchir, il importe, selon eux, d’abandonner tous les plaisirs corporels, de torturer le corps et de le priver de tous les caprices et les jouissances d’ici-bas. Vous en serez témoins que, les deux parties, se sont départies du droit chemin et ont consommé leur propre ruine. Ils ont ainsi commis des actes délictuels à l’encontre de leur âme, de leur corps et de leurs prédispositions animales.

Vous serez témoins aux uns et aux autres et vous serez à l'avant-garde de toutes les communautés grâce à votre modération et votre sens du juste milieu dans toute affaire. Car, ce à quoi vous avez été convertis est le degré sublime de la perfection humaine qui n’a point d’égal, en ce sens que l’adepte (de cette Voie) sait faire la part des choses et donne à chacun son dû, en s’acquittant des droits d’Allah, des droits de son esprit et de son corps, des droits des proches et des droits de l’ensemble de la communauté".

La suite de ce verset «…comme le Messager sera témoin à vous» veut dire que le Prophète, Paix et Bénédiction Soient sur Lui, est le modèle parfait de la position du juste milieu. Et cette communauté ne serait celle du juste milieu que si elle Le suit dans Sa voie et Sa charia, Lui qui est juge de ceux qui ont suivi Sa tradition et de ceux qui se sont créées de nouvelles traditions ou qui se seraient dévoyés en emboîtant le pas aux hérétiques.

Autant que cette communauté se porterait témoin, de par sa voie et sa tendance à la perfection corporelle et spirituelle, que ces gens ont raté le droit chemin, le Prophète la confortera dans son témoignage, aussi longtemps qu’elle restera fidèle à Sa tradition.

Ce faisant, Lui, le Messager d’Allah, faisant office d’excellent modèle à suivre, assurera par Son témoignage que la communauté des musulmans a emprunté le droit chemin, celui de la conversion divine. Comme si le Seigneur disait : Vous ne saurez atteindre la vertu du juste milieu que si vous observiez les préceptes et la tradition du Prophète. Mais, si vous vous dévoyez de ce droit chemin, le Prophète lui-même, Sa religion et Sa tradition seront témoins que vous n’êtes pas de Sa communauté décrite par Allah dans le Livre Saint : «Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes. Vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah.» (Sourate Al- Imran, 110). Ainsi donc, vous vous serez dévoyés, par l’hérésie, de la voie du juste milieu et engagés dans l’un des deux camps.»(3).

La modération est, donc, la méthode de l’Islam dans le façonnement de l’homme musulman. Elle est aussi le cachet qui imprime l’islamité à toute entreprise de réforme des sociétés, le stade le plus avancé que l’humanité ait atteint à la faveur de la charia de l’Islam. C'est la condition sine qua non qui fait de la communauté de l’Islam la meilleure qui soit pour l'humanité et la voie juste de la conversion», comme l’a dit l’Imam Mohamed Abdou.

Dressant une analogie entre la modération de l’Islam et l’exagération chrétienne, en matière d’hermétisme et de privation du corps de ses droits et des faveurs d’Ici-bas en érigeant la religion en alternative à la vie terrestre, Mohamed Abdou défend la primauté de la vie terrestre sur le religieux dans l’acception de l’Islam. Il fait valoir à cet égard la corrélation que la notion de la modération islamique a créée entre le temporel et l’intemporel. Il dit: «La vie en Islam jouit d’une primauté sur la religion. Si les préceptes de la religion révélée exigent que l’être soit dévoué à son Créateur, que son cœur soit empli de Sa crainte et de l’espoir en Lui, ils ne le privent pas non plus de gagner sa vie ni d’en jouir. Ils (ces préceptes) ne lui imposent pas non plus l’austérité des ermites ni l’abandon démesuré et excessif des plaisirs.»

Ainsi, le Messager d’Allah n’a-t-il pas répondu à celui qui lui a demandé s’il peut faire aumône des deux tiers de sa fortune: «Non, donne le tiers et même le tiers est beaucoup. Il vaut mieux que tu laisses tes héritiers riches plutôt que de les laisser dans la misère, obligés de tendre la main aux gens».

Ce hadith ne contredit d’ailleurs pas la règle générale qui stipule «la primauté de la santé des corps sur celle de l’âme». Il en découle que la religion islamique incite l’homme à préserver son intégrité physique au même titre qu’elle rend obligatoire la purification et l’élévation spirituelle.

Partant de cette conception, l’Islam permet au musulman de s’embellir, de soigner son apparence et de profiter librement des bienfaits et grâces dont Dieu a comblés l’humanité ici-bas, à condition qu’il fasse preuve de mesure, de modération et de bonne foi. Il ne doit pas pour autant transgresser les limites de la charia en sombrant dans une quelconque forme d’excès telle l’imitation des femmes par des hommes ou réciproquement.

Le Saint Coran est clair à ce propos : « Ô enfants d’Adam, dans chaque lieu de prière portez votre parure (vos habits). Et mangez et buvez ; et ne commettez pas d’excès, car Il (Allah) n’aime pas ceux qui commettent des excès. Dis : «Qui a interdit la parure d'Allah, qu’Il a produite pour Ses serviteurs, ainsi que les bonnes nourritures ? » Dis : «Elles sont destinées à ceux qui ont la foi, dans cette vie, et exclusivement à eux au Jour de la Résurrection.»

Ainsi exposons-Nous clairement les versets pour les gens qui savent. Dis : «Mon Seigneur n’a interdit que les turpitudes (les grands péchés), tant apparentes que secrètes, de même que le péché, l’agression sans droit et d’associer à Allah ce dont Il n’a fait descendre aucune preuve, et de dire sur Allah ce que vous ne savez pas» (Al Aâraf 31-33).

En matière de gestion des biens, l’Islam a jeté les bases d’un système de gestion des dépenses et de conservation des ressources : «Car les gaspilleurs sont les frères des diables; et le Diable est très ingrat envers son Seigneur. Si tu t’écartes d’eux à la recherche d’une miséricorde de Ton Seigneur, que tu espères, adresse-leur une parole bienveillante. Ne portes pas ta main enchaînée à ton cou (par avarice), et ne l’étend pas non plus trop largement, sinon tu te trouveras blâmé et chagriné» (Al Israâ 27-29).

A travers ces renseignements, s’exprime le souci de l’Islam de prémunir le croyant contre tout excès démesuré dans la quête de l’au-delà, dès lors qu'il risque de se priver des réjouissances et des bienfaits de la vie d’ici-bas. Le Saint Coran proclame : «Et recherche à travers ce qu'Allah t’a donné, la Demeure dernière. Et n’oublies pas ta part en cette vie. Et sois bienfaisant comme Allah a été bienfaisant envers toi. Et ne recherche pas la corruption sur terre. Car Allah n’aime point les corrupteurs» (Sourate la Narration 77).

De tout ce qui précède, l’on retient que l’Islam n’a point négligé les sens, tout en veillant à prédisposer l’âme à atteindre sa perfection. En religion médiane, l’Islam part, en effet, d’une assimilation profonde de la nature humaine; dans sa vision de l’homme, il le considère comme un être supérieur à l’animal, ayant une existence ni purement physique ni strictement angélique. Il mène, selon cette acception, une vie temporelle et une autre spirituelle et se trouve ainsi appelé à vivre son existence corporelle et à se préparer à sa demeure dans l'Au-delà. Allah n’a-t-Il pas libéré l’homme afin qu’il puisse profiter pleinement des réjouissances de la vie, tel que mentionné dans ce verset : «C’est Lui Qui a créé pour vous tout ce qui est sur terre» (Al Baqarah 29).

L’esprit d'émulation est ainsi fort chez tout être humain. Il est prédisposé, de par sa prime nature, à œuvrer sans relâche et à aspirer à ce qu'il croit bénéfique ou utile pour lui. D’une appétence sans limites, l’homme ne peut prétendre à une finalité sans être animé par un désir donné. Selon l’effort qu’il fournit, il accède à l’une des échelles formant la hiérarchie de la perfection qu'Allah a établie"(4).

C’est dans ces termes que l’Imam Mohamed Abdou traite du principe de la modération islamique dans son sens le plus large, comme étant l’une des principales particularités de cette religion et l'une des constantes de l’approche islamique de réforme de l’individu et de la société. Mohamed Abdou ne cache pas son penchant pour cette notion de modération, dont son école réformatrice est imprégnée, pour se démarquer des courants prônant diverses formes d’excès. Il s’agit, à ses yeux, aussi bien de l’excès démesuré chez les oulémas de son époque que de la négligence et l’insouciance flagrantes dont faisaient preuve les adeptes du modèle occidental apporté par le colonialisme.

Son œuvre renferme des applications théoriques et pratiques de l’approche islamique du juste milieu dans les divers domaines du projet de réforme et de renaissance. Une réforme par l’Islam où l’Imam Mohamed Abdou met le renouveau de la religion au service du renouveau de la vie des musulmans.

La tradition du Prophète (Prière et Salut Soient sur lui), étant l’interprétation de la rhétorique coranique, est la meilleure concrétisation du concept de la modération. Il suffit, pour s’en rendre compte, de se pencher sur les hadiths où le Prophète (Paix et Salut Soient sur lui) dit «cette religion est bien fondée, que votre excès soit alors modéré » (rapporté par l’Imam Ahmad), ou encore celui où il dit "la religion d'Allah Tout-Puissant est aisée (à pratiquer)" (rapporté par Al Boukhari, Annisaii et Imam Ahmad". Voici un autre hadith tenu du prophète : "Allah ne m'a pas envoyé pour blâmer (les gens) mais pour faciliter (les choses)" (rapporté par Mouslim et l'Imam Ahmad).

L'épouse du Prophète Aicha, qu'Allah soit satisfait d'elle, a dit : "Jamais on ne donna à choisir à l'Envoyé d'Allah entre deux choses, sans qu'il opte pour la plus facile, pourvu que ce ne fût pas un péché. Si c'était un péché, il était le plus ardent des hommes à s'en éloigner» (rapporté par Boukhari, Mouslim, Abou Daoud, Malek et Ahmad).

Dès lors que cette conception de la modération est celle qui trace au musulman la voie à suivre tant dans sa vie individuelle que collective, tout être humain saint d’esprit peut donc l’assimiler et l’ériger en credo dans les différents aspects de sa vie quotidienne :

- La générosité : vertu et comportement modéré, la générosité n’est pas étrangère à ses deux extrêmes à savoir la cupidité et le gaspillage, mais elle concilie les traits de l’un (gestion et économie) comme de l’autre (charité et largesse). Cette notion de générosité rassemble donc les qualités de droiture et de justice de ses deux pôles.

- La bravoure : qualité médiane entre lâcheté et témérité, la bravoure joint la précaution du lâche à l'audace du téméraire. Cette notion ne se penche donc ni pour l’un de ses pôles ni n’en est complètement différente.

Dans la vision islamique de l'économie et de la gestion des richesses et des biens, le principe de «succession» occupe une place médiane entre la liberté absolue dans la gestion des biens et la privation totale de ce droit. Selon cette vision, tout homme peut s’approprier des biens, les gérer et en jouir en toute liberté. Il n'en demeure pas moins qu'il est le successeur d'Allah sur terre et le dépositaire de biens dont le Très-Haut est le véritable Possesseur.

C'est ainsi que tous les droits de l’homme à l'accès et à la gestion des richesses sont régis par les droits d'Allah et Ses prescriptions en matière d’équilibre et d’entraide sociale.

- Concernant sa position vis-à-vis de la différenciation sociale des gens, l'Islam favorise, là aussi, la logique de pondération. Il ne se penche, de fait, ni pour une liberté sans limites, que l'on sait amplificatrice de disparités sociales flagrantes, ni pour une quelconque forme de société utopiste où soient abolies les classes sociales. Conscient des écarts existant entre les hommes quant à l'énergie et à l'effort que tout un chacun est prêt à fournir, la religion islamique juge, certes, tout à fait normal, voire nécessaire, qu'il y ait une disparité entre eux dans le gain et dans la répartition des ressources. Mais, cette hiérarchisation ne doit pas aller jusqu'à porter atteinte aux exigences de l'équilibre et de la solidarité agissante entre individus. Car, en Islam, la Oumma est comparable à un seul corps, dont les organes sont complémentaires, bien que l'utilité et les besoins de chacun soient différents.

Dans la lettre que l'Imam Ali Ibn Abi Taleb (32 avant l'hégire- 40 de l'hégire/600-672) a adressée à son gouverneur de l'Égypte, Al Achtar An-Nakhai (27 de l’hégire/659), on lit : "Saches que tes administrés constituent, en fait, des catégories intimement liées les unes aux autres, de telle sorte qu'aucune d'entre elles ne saurait se passer des autres"(5).

- Au sujet des rapports entre les civilisations, l'Islam, à travers son approche pluraliste, incite à l'interaction civilisationnelle comme alternative, d'une part, à toute logique d'ostracisme et d'isolement et, d’autre part, à toute relation de dépendance et d'imitation. Une interaction qui s'inspire de tout ce qu'il y a de commun et d'universel entre les hommes, sans pour autant renier les spécificités identitaires, spirituelles et culturelles de chaque partie.

- Au surplus, le concept islamique de la modération institue le principe de la neutralisation, lequel tend à maintenir l'équilibre des relations entre les civilisations, mais aussi entre les classes sociales.

De fait, la neutralisation du point de vue islamique sert de voie médiane, puisqu'elle sous-tend cette dynamique sociale qui constitue un outil permettant de rétablir l'équilibre parfait, de faire prévaloir la justice et de préserver, ce faisant, le pluralisme, la diversité et la différence.

Ainsi donc, la neutralisation est-elle une solution de compromis entre "l'immobilisme", qui risque d'aggraver le déséquilibre, et le "conflit" où règne la loi du plus fort sans laisser guère place aux facteurs de pluralisme et de diversité.

Le Saint Coran rejette formellement la logique de "conflit" ou de "lutte" parce qu'elle porte atteinte au principe du pluralisme: " qu'(Allah) déchaîna contre eux pendant sept nuits et huit jours consécutifs; tu voyais alors les gens renversés par terre comme des souches de palmiers évidées. En vois-tu le moindre vestige? " (Sourate Al-Haqqa; 7-8)

En revanche, le principe de neutralisation a le mérite d'inciter l'homme à redresser régulièrement ses positions et, partant, à conserver et à consolider la culture de la diversité et du pluralisme. Ce principe est clairement exposé dans le verset coranique suivant: "La bonne action et la mauvaise ne sont pas pareilles. Repousses (le mal) par ce qui est meilleur; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux" (Sourate Foussilat, 34).

Telle est la modération islamique dans son acception globale, qui est le cachet qu’Allah a voulu imprimer à la Oumma de l’Islam et la prédisposition naturelle immaculée de toute déviation, telle que perçue à travers le prisme du kaléidoscope qui cristallise les traits de la méthode islamique et des repères de sa conception de la pensée et de la vie. Louange à Allah qui dit: «Et aussi Nous avons fait de vous une communauté de justes pour que vous soyez témoins aux gens, comme le Messager sera témoin à vous.» (Sourate Al Baqarah, 143). Gloire au prophète Mohammed, Paix et Bénédiction Soient sur Lui, qui dit: «Le milieu: la justice. Nous avons fait de vous une communauté de justes».

Autres références :

Les civilisations mondiales : neutralisation ou conflit ? , Dr. Mohamed Imara. Ed. Dar Nahdat Misr, le Caire, 1998.

Repères de l’approche islamique, Dr. Mohamed Imara, Ed. Dar Arrachad, le Caire, 1998.

Source:

L'Islam Aujourd'hui N 23, revue publiée par l'ISSESCO.

(*) Membre du Conseil des recherches islamiques à l’universitét d’Al Azhar Acharif, membre du conseil supérieur des affaires islamiques, République Arabe d’Egypte.

(1) Œuvres complètes de l’Imam Mohamed Abdou, tome 2, page 310, Etude et annotations de Dr Mohamed Imara, Ed. Dar Chorouk, le Caire, 1993.

(2) Op. cit., tome 3, page 287.

(3) Op. cit., tome 4, page 223, Ed. Beyrouth, 1972.

(4) Op. cit., tome 3, pp. 293-296..

(5) Nahj Al-Balagha, p. 327, interpréteé par l’Imam Mohamed Abdou, annotations et commentaires de Mohamed Ahmad Achour, Mohamed Ibrahim Al-Banna, Ed. Dar Achaâb, Le Caire.

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14 septembre 2008

Une vision Islamique de la mort

Une vision Islamique de la mort

Par Dr. Abdallah Thomas Milcent

En tant que médecin généraliste français converti à l’islam depuis dix-neuf ans, je ne me sens pas particulièrement qualifié pour parler d’un sujet aussi grave qui met en scène les bases mêmes des sciences de la foi musulmane : la ’Akida’. J’essaierai donc de donner un simple aperçu de la vision islamique de la mort mais j’invite les personnes intéressées à se renseigner plus avant auprès d’imams musulmans beaucoup plus compétents que moi. Il existe certaines divergences entre les savants concernant tel ou tel détail, j’ai voulu ici rester dans ce qui unit notre communauté plutôt que de rentrer dans ce qui risque de la diviser.

i introduction

Nous mourrons tous un jour, c’est inéluctable. La conscience de la mort n’est pas le propre de l’être humain. On peut qualifier l’angoisse de la mort comme l’angoisse suprême, enfouie au plus profond de notre cerveau le plus ancien. Montrez à des poulets un couteau, vous constaterez immédiatement une augmentation de leur rythme cardiaque et une consommation accrue de leur réserve de graisse, ce qu’il est possible d’interpréter comme un stress causé par la conscience de sa disparition prochaine. Les religions et les philosophies sont des moyens mis à la disposition des hommes notamment pour maîtriser cette angoisse originelle.

La mort nous renvoie à notre fin inévitable. Philosophiquement, qui dit fin dit commencement et qui dit commencement dit création. Notre existence, mais aussi le monde dans lequel nous vivons est essentiellement précaire c’est à dire destiné à disparaître et cette précarité appelle la notion de Créateur.

Dieu, Allah en arabe, est par définition ce Créateur de l’univers et donc des créatures. En tant que créatures, nous sommes soumis au temps qui passe, Lui est le créateur du temps, Il ne lui est pas soumis, Il est éternel.

Notre mort constitue également la fin de notre passage dans ce monde précaire. Le credo monothéiste affirme qu’il existe une autre forme de vie après la mort, de même qu’il existait une vie avant notre naissance. Comme il est impossible de demander à un foetus d’imaginer le monde dans lequel il va naître, il nous est difficile d’imaginer un autre monde que le monde précaire dans lequel nous vivons.

Notre connaissance de la vie après la mort ne peut se faire qu’à travers le Créateur de l’univers. Dieu n’a pas créé ce monde en vain, il ne nous a pas abandonnés après nous avoir créés, il nous a envoyé des prophètes, êtres humains choisis par Dieu pour nous transmettre les volontés du Créateur envers ses créatures.

ii l’être humain khalife (vicaire) de dieu sur terre

L’islam nous enseigne, par l’intermédiaire du Coran et des traditions prophétiques, que Dieu proposa d’abord aux montagnes de faire d’elles ses ’Khalifes’ sur terre mais, dans leur sagesse, et malgré leur puissance et leur stabilité, elles refusèrent. Le premier homme, Adam, dans son ignorance accepta.

Selon la vision islamique de notre univers précaire, Dieu confie à l’homme le Khalifat (la lieutenance, la gestion) de la Terre, pour cela, il lui a donné le libre arbitre qui est soutenu par la conscience, la morale et la responsabilité. Ces qualités lui permettent d’accéder à la connaissance du fonctionnement des choses, ce qui fait qu’il peut être supérieur aux anges auxquels Dieu demande de se prosterner devant Adam.

Mais l’homme a un ennemi, Satan, qui refuse par orgueil de se prosterner devant Adam malgré l’ordre divin. Il demande à Dieu, et obtient, un délai jusqu’au Jour du Jugement dernier pour tendre des pièges aux hommes et les faire dévier du chemin droit de l’adoration de leur Créateur. Ceux qui tomberont dans ses pièges le suivront en Enfer et ceux qui déjoueront ses pièges et adoreront leur Créateur iront au Paradis.

C’est ainsi que Dieu a envoyé des prophètes aux êtres humains pour leur enseigner comment L’adorer, comment Le servir et comment déjouer les pièges de Satan. Le premier d’entre eux fut Adam, puis vinrent de très nombreux autres parmi lesquels Abraham, Moïse, Aaron, Isaac, Jacob, Joseph, tous les prophètes de l’Ancien Testament. L’islam reconnaît également la qualité de prophète à Jean Baptiste, le Saint Coran cite longuement la Vierge Marie. Jésus, fils de Marie est le Messie, il est un des principaux envoyés de Dieu mais le Coran nous informe qu’il ne sied pas à Dieu d’avoir un fils. Après Jésus, Dieu nous a envoyé le Sceau des prophètes et de la prophétie, Mohamed fils de Abdullah, prophète de l’islam qui nous a transmis le Saint Coran qui est la parole de Dieu directement révélée aux hommes. Outre les querelles dogmatiques, l’homme est sur terre pour adorer son Créateur en se mettant à Son service en faisant le bien. Le bien est que qui est décrit comme tel par les prophètes mais c’est aussi ce qui est reconnu par tous comme une bonne chose. Par exemple, si j’aide une personne âgée à traverser la rue, tout le monde sera d’accord pour dire que c’est un bien. En faisant le bien, le croyant remplit sa mission de vicaire de Dieu sur terre et Dieu le récompense en le rendant heureux, en lui donnant une existence harmonieuse et en apaisant ses angoisses puis en le faisant rentrer au Paradis.

La vie est donc cette courte période de notre existence totale durant laquelle nous avons la charge d’être vicaire de Dieu sur terre et durant laquelle nous disposons du libre arbitre qui nous permet de choisir entre le bien et le mal et d’agir en conséquence. Selon un célèbre Hadith (tradition du prophète), cette vie est comparable à l’ombre d’un arbre sous lequel le voyageur vient se reposer avant de reprendre sa route. Si l’homme est responsable de ses choix et de ses actes, il peut également compter sur la capacité qui lui est offerte durant cette vie de se repentir de ses péchés, car Dieu est Le Miséricordieux, il aime le repentir de ses serviteurs et aime leur pardonner et il est dit dans un hadith que ³tous les fils d¹Adam sont des pécheurs et le meilleur d¹entre eux est celui qui se repent² (Hadith [sûr] rapporté par Tirmidi, Ibn Maja, Dalimi et Ibn Hambal.)

Mais le Coran nous prévient de faire bien attention à nos actes car c’est sur eux que nous serons jugés le Jour du Jugement dernier. La manière dont nous gérons la vie terrestre que Dieu nous accorde temporairement a une influence directe sur notre vie future dans l’au-delà.

iii chronologie de la mort

Le jour et l’heure de notre mort est décrétée par Dieu. L’Ange de la mort se présente alors et sépare notre âme de notre corps. Nous restons conscients et nous voyons et nous entendons mais il ne nous est plus possible d’agir et nous n’avons plus le choix du bien et du mal.

Nous assistons donc à nos funérailles et voyons la tombe qui se referme sur nous. Nous entendons ce que disent nos proches, nous pouvons leur répondre mais ni les humains ni les djinns (génies, êtres qui nous sont invisibles et qui vivent dans un monde parallèle au nôtre) ne peuvent nous entendre. Viennent alors deux anges qui nous posent trois questions sans qu’il nous soit possible de mentir ou de répondre à côté :

1.      Qui était ton Seigneur ?

2.      Quelle était ta religion ?

3.      Qui était ton prophète ?

De nos réponses ou absence de réponse dépends la suite des événements. Pour résumer, un bon musulman qui aura fait de très bonnes choses en évitant les péchés, verra ses bonnes actions le protéger du châtiment de la tombe. Par contre un hypocrite qui n’aura fait que de mauvaises choses expiera déjà en partie ses péchés dans la tombe. La notion de temps sera également plus ou moins élastique en fonction de nos mérites, séjour très court pour les bienfaisants, très long pour les malfaisants.

S’il ne nous est plus possible de faire le bien après la mort, il est possible de bénéficier d’un bien que quelqu’un ferait pour nous : Invocation à Dieu d’un musulman en faveur du mort, rattrapage du Hajj (pèlerinage à la Mecque), de jours de jeûne, distribution de richesses en notre nom, prières dans une mosquée que nous avons construite, distribution de biens et de services dans une institution charitable que nous avons fondée et dont nous avons assuré la pérennité.

Ce monde des morts, le Barzakh, est également précaire, il se termine également à la fin des temps lorsque Dieu décrète la résurrection dans une nouvelle création qui commence par le Jour du Jugement dernier.

Ce jour là, l’ange Asrafil, sur l’ordre du Créateur, soufflera dans une trompe qui nous ressuscitera. Nous nous réunions tous en un même lieu. Les animaux seront ressuscités pour qu’ils prennent leurs droits sur nous avant de disparaître. Le soleil sera très proche et nous aurons l’impression de pouvoir le toucher, il fera très chaud et nous transpirerons beaucoup, chacun déjà en fonction de ses bonnes ou mauvaises oeuvres.

Puis chaque communauté demandera à son prophète d’intercéder auprès de Dieu pour qu’Il accepte de commencer le jugement. Chacun des prophète rappellera qu’il a commis au moins une faute durant sa vie. Tous alors se retourneront vers le prophète de l’islam qui a gardé la faveur d’une requête pour ce jour là. Il s’adressera à Dieu en Le louant et lui demandera de commencer le jugement.

Chaque être humain passera alors individuellement devant son créateur : les anges chargés de l’écriture de ses actes durant sa vie dérouleront leur rôle et chacun verra ce qu’il a fait. L’ange de gauche pour les choses mauvaises et l’ange de droite pour les bonnes oeuvres. Il est dit que si la miséricorde divine se divisait en cent parts égales, Il en réserverait une pour ce monde matériel et quatre-vingt dix neuf pour le Jour du Jugement. Puis les hommes passeront sur le pont au dessus de l’Enfer et qui conduit au Paradis. Ceux qui ont fait beaucoup de bien le passeront en un clin d’œil tandis que les pécheurs progresseront difficilement certains trébuchant et tombant dans le feu de l’Enfer.

Ceux qui arriveront au Paradis découvriront un monde merveilleux qui n’obéira pas aux mêmes lois que ce monde matériel. Il nous est impossible de le décrire et de l’imaginer précisément. Chacun aura un corps nouveau éternellement jeune avec des signes distinctifs qui le fera reconnaître par ses contemporains d’ici bas.

Entrer au Paradis de Dieu est le but de tout musulman.

iv conséquences de l’omniprésence de la mort dans la vie d’un musulman

La conscience du déroulement exact de notre mort et surtout la conscience d’être jugé pour chacun de nos actes agit comme un aiguillon poussant les croyants à toujours se remettre en question et à faire constamment plus de bien.

Évidemment, les musulmans, comme les autres êtres humains, commentent des péchés mais ils gardent l’espoir d’être pardonné par leur créateur en se repentant sans cesse. Les savants musulmans disent que la crainte de Dieu et l’espoir de Son pardon sont comme deux ailes qui permettent à la foi de s’élever.

Loin d’être paralysante, la crainte de Son châtiment constitue un puissant garde-fou pour le croyant que Satan tente. Elle lui permet de canaliser ses pulsions pour les utiliser comme moteur à faire le bien. En se transformant ainsi en serviteur actif de son Créateur, le musulman contribue à construire une société harmonieuse dans laquelle règnent paix, justice et fraternité.

Nous avons tous des angoisses. Si nous n’en avions pas, nous ne nous lèverions pas le matin pour aller travailler, on est si bien dans son lit douillet ! L’islam nous permet de domestiquer nos angoisses, notamment notre angoisse de la mort pour la transformer en un moteur au service du bien.

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08 juin 2008

La conception de la dévotion en Islam

La conception de la dévotion en Islam

Dieu a créé l'homme et l'a installé sur la terre pour une noble raison qui le distingue et l'élève par rapport aux autres créatures qui vivent dans son voisinage. Ces dernières, durant toute leur existence, ne sont préoccupées que par le manger, le boire et l'apaisement du besoin sexuel. IL a précisé : JE n'ai créé les hommes et les djinns que pour M'adorer. JE n'exige d'eux aucune subsistance, JE n'exige pas qu'ils me nourrissent. En vérité, c'est Dieu le dispensateur, par excellence, doué de force et de fermeté[1]<!--[endif]-->. ﴿

La dévotion, en Islam, n'est point limitée à l'accomplissement de la prière, au murmure de quelques paroles et à d'autres pratiques lors de moments précis. Elle est beaucoup plus vaste que cela, elle est, en vérité, un programme qui régit la vie humaine dans sa totalité. IL nous recommande de répéter ce verset et d'être convaincu de son contenu : Dis : « Ma prière, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Dieu, Seigneur des mondes, IL n'a pas d'associé. Il m'a été confessé cela et je suis le premier Musulman[2]<!--[endif]-->﴿ Normalement, le Musulman est en état d'adoration continuelle de son Seigneur. L'Islam rejette toute idée d'intermédiaire entre l'homme et son Créateur. La dernière religion monothéiste n'est point encadrée par une hiérarchie de clergé, elle n'a pas « d'hommes d'église ». Le croyant effectue sa prière, seul ou en communauté, à la mosquée ou dans sa propre demeure ou encore dans n'importe quel endroit propre, lorsque le moment de la prière arrive. Il n'a pas besoin, obligatoirement, d'un imam[3]<!--[endif]--> ou d'une quelconque construction. Le prophète a dit : «Toute la terre m'a été déclarée propre, elle est, pour moi, une mosquée. Chaque homme de ma communauté peut accomplir sa prière, dès qu'arrive son moment précis, là où il se trouve »

Quand le Musulman néglige un devoir ou qu'il l'accomplit d'une façon incorrecte, quand il souhaite régler un problème ou acquérir un bien, une dignité ou autre, il adressera sa requête directement au Dispensateur des bienfaits, sans recourir à un intermédiaire ou un intercesseur. Dieu réconforte les repentis et leur confie :  A ceux qui craignent le Seigneur et qui, ayant commis une turpitude ou agi injustement contre eux-mêmes, s'adressent à Dieu pour Lui demander d'absoudre leurs péchés – et qui peut absoudre les péchés, en dehors de Lui?- et ne persistent pas délibérément dans le mal, en connaissance de cause. Ceux-là, leur récompense sera une absolution émanant de leur Seigneur et les jardins arrosés par des ruisseaux. Ils y séjourneront à tout jamais. Quelle excellente rétribution pour ceux qui pratiquent le bien.[4]<!--[endif]-->﴿

L'Islam refuse, catégoriquement, de se cantonner dans la seule relation entre l'homme et son Créateur. Il considère que c'est là une atteinte véritable au but pour lequel les Livres célestes ont été révélés, que les messagers devaient concrétiser au sein de leur peuple et faire perdurer de génération à génération. Il -le but - consiste dans l'amélioration de la vie humaine et du respect et de l'accomplissement du devoir de la suppléance de l'homme sur terre[5]<!--[endif]-->, selon le Programme et les Lois de Dieu. C'est la raison pour laquelle l'Omniscient a créé Adam. IL nous informe de Sa Volonté:  Rappelle aux hommes lorsque Dieu dit aux anges : « Je vais instituer un vicaire sur terre.[6]<!--[endif]-->»﴿ Ce vicariat, accordé d'abord à Adam, s'étend à toute sa descendance, après lui. Dieu interpelle les hommes et emploie le pluriel :  C'est Dieu qui a fait de vous les derniers usufruitiers de la terre.﴿[7]<!--[endif]--> IL a, dans un autre verset, qualifié ce vicariat de peuplement de la terre, IL a mentionné :  C'est Lui qui vous a formé de terre et vous a permis de la peupler﴿[8]<!--[endif]-->

Ainsi, ce droit exigé de l'homme consiste à habiter la terre et à l'exploiter sans excès. Ce noble objectif ne peut être réalisé par des religions qui, dans leurs principes et leurs lois, ne prennent pas en considération la vie humaine dans ses diverses activités.

Le concept de la dévotion en Islam est global. Toute action que Dieu aime et qui procure Sa Satisfaction au croyant, tout acte et parole apparente ou intérieure font partie intégrante de la dévotion. Elle ne se résume pas, exclusivement, dans la pratique des rites visibles mais elle embrasse les pensées intimes, les actes issus des cinq sens et tout ce que prononce la langue. Elle couvre plusieurs domaines de la vie du croyant. Citons, en premier, ses relations avec son Créateur, suivis de son comportement vis-à-vis de lui-même, comme l'hygiène personnelle et la politesse dans toutes ses activités, à table, dans son lit, lors de ses actes intimes avec sa femme, dans les lieux d'aisance, dans son habillement, dans sa démarche puis viennent ses liens avec les membres de sa famille en particulier et avec sa société, en général, ensuite ses rapports avec l'ensemble des hommes, enfin son attitude envers son milieu et son entourage.

Le Programme divin concernant la dévotion en Islam réunit, nécessairement, dans l'édification de la foi, les bases de la jurisprudence, ses ramifications et la bonne éducation. Le prophète a déclaré : « La foi comporte plus de soixante dix parties, la meilleure de celles-ci est de répéter l'expression « Il n'y a de dieu qu'Allah !», la plus basse consiste dans le fait de dégager la rue de tout ce qui peut nuire aux gens ou les gêner. La pudeur est l'une des parties de la foi.[9]<!--[endif]--> » Tout cela s'effectue dans une union unique et un mélange harmonieux qui n'acceptent pas de fêlure négative, séparant la religion des autres domaines de la vie et qui l'emprisonnent, uniquement, dans les lieux du culte. Dieu blâma les attitudes des anciens : Admettriez-vous une partie de l'Ecriture et en rejetteriez-vous l'autre? Quelle rétribution mérite celui qui se comporte ainsi, sinon l'ignominie en la vie d'ici-bas et le châtiment le plus douloureux, le jour de la Résurrection. Dieu n'est point inattentif à vos actions! Voilà des gens qui ont échangé la vie présente contre la vie future. Aucun adoucissement ne sera apporté à leur tourment et ils ne bénéficieront d'aucun secours.﴿ [10]<!--[endif]-->

Dieu ordonne aux Musulmans le contraire de cet agissement, IL leur prescrit de prendre la religion dans son ensemble, avec ses Lois fondamentales et ses détails insignifiants. IL les met en garde contre sa désagrégation et contre le fait de tourner le dos à un de ses principes, si minime soit-il. C'est un comportement déplorable car il ôte à Dieu Son droit d'hégémonie sur tous les aspects de la vie humaine. En réalité, suivre Satan et répondre, positivement, à sa manière d'égarer les gens est une grosse erreur. Il pousse l'individu vers le négatif, le persuade de délaisser une partie d'une prescription puis il le convainc d'abandonner le tout. Le Souverain Absolu a dit :  Ô croyants! Entrez tous dans la paix de l'Islam, ne suivez pas les pas de Satan, car il est pour vous un ennemi déclaré.[11]<!--[endif]-->﴿

En Islam, le côtoiement entre la religion et la vie, entre l'âme et le corps, entre ce monde éphémère et l'au-delà, entre l'individu et la société est une vérité rayonnante. Plusieurs versets coraniques l'ont exprimée. Ceux-ci groupent, en même temps et sans distinction, la relation de l'homme avec son Bienfaiteur, la morale et les liens avec autrui, comme dans ce verset : La charité ne consiste nullement à tourner, en priant, votre visage du côté du levant ou du couchant. Elle consiste à croire en Dieu, au Jour dernier, aux anges, au Livre, aux prophètes, à donner de son bien quelque attachement qu'on lui porte, à ses proches, aux orphelins, aux indigents, aux voyageurs, aux mendiants et pour l'affranchissement des esclaves. Elle consiste à observer la prière, à s'acquitter de l'aumône légale annuelle – la Zakât- Sont charitables ceux qui demeurent fidèles aux engagements qu'ils ont contractés, se montrent patients dans l'adversité, dans la douleur et aux moments du danger. Voilà les hommes sincères! Voilà les hommes pieux[12]<!--[endif]-->.﴿Le même procédé se remarque dans le verset suivant :  Adorez Dieu et ne Lui associez rien! Soyez bons envers votre père et votre mère, tout proche parent, les orphelins, les indigents, le voisin qui a des liens de parenté avec vous, comme le voisin étranger, le compagnon de voyage, le voyageur de passage, les esclaves que vous possédez. Dieu n'aime pas les insolents vantards ni ceux qui sont avares, recommandent l'avarice et dissimulent les faveurs dont Dieu les a gratifiés. Aux impies, nous avons préparé un châtiment avilissant. Dieu n'aime pas ceux qui dépensent ostensiblement devant les gens leurs biens, sans croire en Dieu, ni au Jour dernier. Prendre Satan pour compagnon, c'est prendre un bien méchant acolyte.﴿[13]<!--[endif]-->

L'Islam touche tous les domaines, il atteste cette qualité en faisant allusion à certaines dévotions qui se rattachent aux droits des gens. Mohammed (B.S.D.L) le confirme : « Sourire devant ton frère, ordonner le bien, déconseiller le mal, orienter la personne égarée, guider l'aveugle dans la rue, dégager du chemin ce qui nuit ou gêne, verser l'eau de ton seau que tu viens de remplir du puits dans le seau de ton frère, toutes ces actions sont des aumônes.[14]<!--[endif]--> » Le prophète a établi une balance pour évaluer les bonnes œuvres. Il place en tête la dévotion dans sa notion de globalité quand il donne la préférence à certains de ses aspects qui ont trait aux créatures sur ceux qui se rapportent aux relations avec Dieu qui aime le croyant qui agit de la sorte. Il a recommandé : «Les personnes que Dieu aime le plus sont celles qui sont utiles pour leurs semblables. Les meilleures œuvres auprès de Lui sont celles qui réconfortent le Musulman, réchauffent son cœur, lui évitent un malheur, lui permettent de payer une dette et éloignent la faim de lui. Je préfère de beaucoup aller avec un de mes frères en vue de l'aider à régler un problème à une retraite pieuse d'un mois dans cette mosquée[15]<!--[endif]--> » Le désir ardent du Musulman d'être aimé par le Tout Puissant l'incite à un surplus de bonté, envers les animaux. Il a stipulé :« Tout Musulman qui sème une graine ou plante un arbre comestible se verra compter une aumône chaque fois qu'un homme, un animal ou un oiseau en mange et il en sera de même pour ce qui en sera volé.[16]<!--[endif]--> » Enfin, pour graver encore davantage dans l'esprit du Musulman l'importance de toutes les sortes de dévotions – même si elle était en faveur d'un animal – il leur rapporta la parabole d'un homme qui a vu un chien, manger de la terre humide, tellement sa soif était violente. Il continua :     « L'homme prit son soulier, le remplit d'eau et abreuva le canidé jusqu'à lui apaiser sa soif. Dieu le remercia et le fit entrer au Paradis.» Les Compagnons lui demandèrent :          « Serons-nous récompensés en faisant du bien à une bête? » Il répliqua : « Il y aura une rétribution pour toute bonne action envers tout être vivant qui a un foie mou.[17]<!--[endif]--> »

Les gains – les conséquences - que le Musulman récolte à partir de la dévotion qu'il accomplit à l'intention de son Seigneur sont incommensurables. Citons, entre autres, la paix intérieure et la droiture des sens qui engendrent le bonheur terrestre. Ce dernier est la part actuelle du bien qu'il a fait et qui aboutit à la stabilité psychique et sociale dans la vie des Musulmans sincères qui suivent le chemin tracé par la religion. Ces gains sont la conséquence de la foi et de l'obéissance aux prescriptions divines. Dieu nous réconforte : . Certes, Nous assurerons une vie agréable à tout croyant, homme ou femme, qui accomplit une bonne action car Nous rétribuerons les gens de bien d'après ce qu'ils auront accompli de mieux.[18]<!--[endif]--> ﴿

D'un autre côté, les infractions sociales, les maladies psychiques, les états de stress que nous observons au sein de certaines sociétés, ont débouché sur un pourcentage effrayant et fort élevé du suicide[19]<!--[endif]-->. En fin de compte, il est le juste prix que paie l'Humanité pour son éloignement du sentier de Dieu et de la direction qu'IL a montrée à Ses créatures. IL a clamé :  Quiconque suit Mon guide ne s'égarera pas et ne sera pas malheureux et quiconque se détourne de Mon rappel mènera une vie pleine de gêne et le jour de la Résurrection, Nous l'amènerons aveugle au rassemblement.﴿[20]<!--[endif]-->

Mais la grande récompense que le croyant gagne en pratiquant, honnêtement, la dévotion à son Seigneur consiste dans la Satisfaction du Bienfaiteur et l'acquisition d'une place au Paradis. IL a énoncé clairement: Ô mon peuple! Cette vie présente n'est qu'une jouissance éphémère! La vie future sera vraiment la demeure de la stabilité. Quiconque commettra une mauvaise action ne sera sanctionné que d'une peine correspondante. Quant à ceux, hommes ou femmes, qui feront une bonne action en ayant la foi, ils entreront dans le Paradis et y recevront tout sans compter.﴿[21]<!--[endif]-->

Sources:

D'après le livre "Découvrez l'Islam" du Dr Mounqiz Es-Saqqâr.


<!--[endif]-->

[1]<!--[endif]--> ) Versets 56-58 d'Ez-Zâryât.

[2]<!--[endif]--> ) Versets 162-163 d'El-An‘âne.

[3]<!--[endif]--> ) C'est un fonctionnaire ou un volontaire dévoué qui dirige la prière quand elle est accomplie en commun. (N.T)

[4]<!--[endif]--> ) Versets 135-136 d'Al-‘Imrâne.

[5]<!--[endif]--> ) « Cette suppléance est une mission dont Dieu a fait un privilège distinctif à l'homme, impliquant une jouissance, un usufruit, une libre disposition de tout ce qui existe sur terre, dans le cadre de Ses Lois et à la lumière de la raison dont il l'a doté.» Pris textuellement de l'excellent livre du Cheikh Si-Hamza Boubakeur {Le Coran : traduction et commentaires} T:1-P:91- (N.T)

[6]<!--[endif]--> ) Portion du verset 30 d'El-Baqarah.

[7]<!--[endif]--> ) Portion du verset 39 de Fâtir.

[8]<!--[endif]--> ) Portion du verset 61 de Hoûd.

[9]<!--[endif]--> ) Cité par Mouslim sous le N° 25.

[10]<!--[endif]--> ) Versets 85-86 d'El-Baqarah.

[11]<!--[endif]--> ) Verset 208 d'El-Baqarah.

[12]<!--[endif]--> ) Verset 177 d'El-Baqarah.

[13]<!--[endif]--> ) Versets 36-38 d'En-Nissâ'.

[14]<!--[endif]--> ) Cité par Et-Tarmîdhî sous le N° 1956.

[15]<!--[endif]--> ) Cité par Ibn Abî Ed-Dounyah dans son œuvre {Qadhâ' El-Hawâ-idj} et El-Albanais a authentifié la chaîne de ses rapporteurs dans son livre {Es-Salsilah Es-Sahîhah} sous le N° 906.

[16]<!--[endif]--> ) Cité par Mouslim sous le N° 1552.

[17]<!--[endif]--> ) Cité par El-Boukhârî sous le N° 174 et par Mouslim sous le N°2244.

[18]<!--[endif]--> ) Verset 97 d'En-Nahl.

[19]<!--[endif]--> ) Les statistiques de l'O.M.S publiées, le 10/9/2006, lors de la journée mondiale (de la lutte contre le suicide) et (de l'importance de la santé mentale), certifient que vingt millions de personnes tentent, annuellement, de se suicider et qu'un million (1.000.000) parmi eux réussissent effectivement à se donner la mort.

[20]<!--[endif]--> ) Versets 123-124 de Taha.

[21]<!--[endif]--> ) Versets 39-40 de Ghâfir .

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06 avril 2008

Voyage vers la lumière

Voyage vers la lumière

Écrit par une sœur islandaise Anna Linda et traduit au français.

J'essaierai de mon possible d'être claire et j'espère que ceux qui trouvent mon histoire longue ne vont pas s'ennuyer. Je commencerais par le début….

Je suis née comme Anna Linda Traostadotair d'une famille islandaise-danoise à  Reykjavík en Islande en 1966 et j'ai été baptisée dans une église luthérienne. Ma famille a émigré à Vancouver au Canada puis à New York quand j'étais petite. J'ai fini mes études secondaires à 16 ans et en 1988 j'ai eu ma maîtrise à l'université de McGil à Montréal au Canada. Depuis je suis en voyage autour du monde en étudiant et travaillant. Le Danemark fut ma Résidence à partir de l'année 1990.

En l'an 1997 – pendant que j'étudiais la langue arabe au Caire – une de mes amies anglaises – qui est une chrétienne née de nouveau –  m'a acheté une Bible avec l'ancien et le nouveau testament. J'ai été ravie parce que j'avais décidé que j'avais besoin de connaître l'essence de l'évangile et ce qu'il contient. En effet, je ressentais que je pouvais à peine me considérer comme chrétienne sans avoir bien étudié la bible.

En 1998 et quand j'étudiais à l'université de Damas, j'ai lu l'évangile entier de la 1ère à la dernière page en prenant des notes durant ma lecture. Quand j'ai terminé j'ai constaté qu'il y avait beaucoup, beaucoup de contradictions et beaucoup de choses avec lesquelles je n'étais pas d'accord, telle que la description de dieu, des femmes, ceci sans parler de beaucoup de choses écrites par saint Paul dans le nouveau testament.

Quand j'ai lu sur ces hommes saints – les messagers de Dieu (que la bénédiction et le salut d'Allah soient sur eux) – comme Noé, Lot, David…etc. j'ai découvert que je ne les respectais pas. Par contre j'ai aimé et admiré Moïs (de l'ancien testament), et Jésus (du nouveau testament) (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur eux). Quand j'ai fini de lire la Thora, j'ai essayé d'obtenir le Talmud entier des juifs mais en vain. J'ai toujours entendu dire que les juifs – à part les réformistes d'entre eux – ne reconnaissent quiconque voulant embrasser le judaïsme. Il y a aussi beaucoup – mais pas tous– de juifs sionistes (ceux qui soutiennent Israël) et je suis des plus hostiles au sionisme et Israël. Je suis donc par coïncidence palestinienne d'orientation. J'ai aussi toujours voulu une religion qui accepte les nouveaux adeptes.

Je me suis ensuite un peu intéressée au bouddhisme mais j'ai décidé qu'il ne me convenait pas, les bouddhistes ne croient pas en Dieu, moi je crois en lui profondément, je l'ai toujours été. Toutefois le bouddhisme constituait toujours pour moi une alternative dans la vie.

Ma mère et moi avions l'habitude de discuter sur l'hindouisme, c'est pour cela que je me suis toujours intéressée à elle, mais il y a beaucoup de dieux hindous pour moi, c'était donc hors question. En fait, vous ne pouvez pas vous convertir à l'hindouisme non plus.

Quand mon fils André Omar est né en octobre 2001, on m'a demandé si j'allais le baptiser ou pas, j'ai refusé. J'ai pressentit que les enfants innocents iront sûrement au paradis baptisés ou non. De toute façon comment pourrais-je le présenter à la religion chrétienne alors que moi-même je ne pouvais me considérer comme chrétienne croyante, et ce, malgré que je suis née et grandi comme protestante?! Je ne croyais pas à la trinité, ni à Marie (que la paix soit sur elle) comme mère de Dieu, ni à Jésus qui crie sur la croix en araméen : "Eli, Eli lama chivaktani". Je veux dire pourquoi Jésus aurait il crié " mon dieu, mon dieu pourquoi m'as-tu abandonné", alors qu'il était supposé savoir que dieu l'a envoyé comme messager pour cette mission. 

J'ai été éduquée à haïr les musulmans et l'islam. C'est une vérité, et c’est ainsi ! J'étais aussi contre les arabes avant que je ne voyage au Caire pour étudier la langue arabe (j'admirais la belle calligraphie arabe). En effet, j'ai grandi au USA et les films américains qui montraient toujours les arabes comme des fondamentalistes, des extrémistes, des persécuteurs de femmes, des religieux fanatiques, des terroristes et qu’ils sont anormaux, des gens de faible intelligence. La grande majorité de ceux qui détestent les arabes n'ont jamais été dans un pays arabe, la réalité là-bas est totalement différente.

En 1999, je suis revenue à Damas pour travailler dans une ambassade et là bas – en l'an 2000 – j'ai rencontré un ingénieur  nommé Mohaned. Nous nous somme mariés après une courte période de notre rencontre. Pour être franche, quand je me suis marié avec Mohaned, c'était parce que je l'aimais malgré le fait qu'il soit musulman!  Mais j'ai constaté avec le temps que je l'aimais parce qu'il était musulman, un bon musulman. J'ai rencontré beaucoup de musulmans ici au Danemark et au moyen orient, et comme ce fut le cas durant toute ma vie j'ai rencontré certains qui sont de bons et d'autres non, des chrétiens, des juifs, des hindous, des bouddhistes…Etc. Cependant je croyais que tous ces musulmans que j'avais rencontrés représentaient l'islam. Chaque fois que je posais des questions aux musulmans sur l'islam, j'étais choquée. Presque chacun d'eux prétendait être expert en islam, même ceux qui donnaient de fausses informations comme j'ai su plutard.  C'aurait été  plus utile s'ils disaient tout simplement "je ne sais pas" ou "je ne suis pas sûr". Par contre je ne jugeais jamais le christianisme ou toute autre religion à travers ses adeptes, alors que c'est étrange que j'aie jugé l'islam à partir de tout arabe que j'ai rencontré, et ce, bien que : premièrement, tous les arabes ne sont pas des musulmans, il y en a qui sont protestants, catholiques, juifs, druzes, coptes, alaouites…Etc. Deuxièmement, la majorité des musulmans ne sont pas arabes, ils sont en Indonésie, Inde, Chine,  Macédoine , Malaisie, Russie, Thaïlande, Afrique, Bosnie, Amérique, Suède…etc. A côté de ceux-ci il y a les arabes. J'ai été élevée à ne pas être partiale mais je l'ai été et ça m'a pris beaucoup de temps pour m'en rendre compte.

C'est seulement après des heures infinies de dialogue – et parfois de dispute – avec mon mari que je suis devenue assez ouverte d'esprit pour constater que je n'avais pas une image entière.

Durant le mois de ramadan – novembre de l'an 2002 – j'ai demandé à Mohaned s'il lui était possible de m'aider à lire le Coran en arabe. Il avait peu de temps, mais j'étais déterminée à lire le Coran  en arabe avec l'aide d'une bonne traduction.

Quand j'ai lu le Coran, le livre saint en islam, je l’ai trouvé si beau, scientifique, compatissant, respectueux envers la femme!  Tous les livres à peu près que j'ai lus sur l'islam étaient écrits par des non musulmans, ils présentaient l'islam de façon négative et ceux qui écrivaient contre l'islam extrayaient une partie du Coran laissant le reste des versets, ou bien ils interprétaient les versets d'une façon erronée, soit pour un but quelconque ou par erreur. Je connaissais assez de l'arabe pour savoir que ce que je lisais ne ressemblait à rien de ce que j'avais lu dans ma vie. Il y a beaucoup de savoir, de connaissance qui n'a été découverte que dans l'ère moderne. Je veux dire que le prophète Mohamed (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) a parlé des trous noirs, du voyage dans l'espace, de l'ADN, la génétique, l'évolution, la géologie, la science des mers et des océans, l'évolution du fœtus, de l'origine de la vie….Oh mon Dieu! J'ai toujours entendu dire que le Coran est une copie conforme de la bible mais rien de cela n'est dans la bible! Je me suis demandée étonnée, comment un homme avant 1400 ans passés aurait-il pu écrire quelque chose comme ça et certaines de ces choses ne furent découvertes qu'au présent siècle!J'ai donc pensé : "bon, les savants arabes étaient des astrologues, savants en mathématique et la géographie, étaient très avancés en leur temps, peut être certains d'entre eux avaient participé à l'écriture de ce livre d'ici et là en s'appuyant sur la bible. Mais plutard quand j'ai étudié cela d'une manière approfondie, j'ai constaté que la révolution scientifique arabe (islamique) est arrivée après l'apparition de l'islam. Après, j'ai lu que les musulmans croyaient que le Coran est une révélation de la part de Dieu à Mohamed (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) et que c'est une continuité de la parole de Dieu. Les musulmans croient que les parties de la Thora et de l'Evangile qui parlent de la vie de Jésus sont une révélation de Dieu ou bien "Allah" comme est appelé Dieu en langue arabe et pas seulement chez les musulmans, les chrétiens et les juifs qui parlent l'arabe l'appelle aussi "Allah". Les musulmans respectent Abraham, Moïs, Jésus, Noé (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur eux), en réalité ils respectent tous les prophètes cités dans la bible. Il est également cité que d'autres prophètes sont venus à d'autres nations pour les rendre des gens bons. Il est également dit que "Bouddha" était l'un de ces messagers, mais comme Jésus (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui), il n'a pas dit aux gens de croire qu'il était l'égal de Dieu[1]<!--[endif]-->. Les musulmans aussi croient que Mohamed est le dernier des messagers jusqu'à le retour du Messie (que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui) sur terre.

Le Coran dit que Dieu peut sceller nos cœurs et nos oreilles et nous couvrir la vue par un voile épais, on ne peut ni voir ni prendre conscience du message du coran, ceci n'est possible qu'avec la volonté de Dieu. Le 12 décembre 2002, j'ai vu un rêve effrayant qui m'a poussée à réfléchir et à étudier cette religion avec profondeur. En effet, les rêves sont très importants en Island et l'interprétation des rêves est pratiquement une science! Je n'avais jamais cru que j'avais besoin de cette religion. Malgré le fait que j'ai toujours été attirée par la religion, je croyais que j'étais bien avec une croyance en Dieu seulement et que j'avais pris une petite part de différentes religions jusqu'à ce que j'eue mon propre cocktail "mixture-Anna ".

En décembre 2003, j'ai commencé la recherche sur Internet, je recherchais des termes comme "islam", "coran", "musulman"…etc. Au mois de mars – quand j'étais à  Reykjavík–  j'ai eu l'occasion de parler avec l'une de mes meilleures amies islandaises, elle est musulmane, elle m'a conseillée une bonne traduction du coran en anglais, la traduction de "Abdallah Youssef Ali" pour la lire avec la copie arabe originelle, je l'ai eue en avril et j'ai commencé à l'utiliser comme aide.

Au mois de Mai en l'an 2003, mon amie islandaise m'a rendue visite, elle est restée avec nous deux semaines. On a parlé du Coran, je l'ai informé que je voulais traduire le Coran en islandais, elle m'a dit que c'était aussi son rêve. Alors on s'est mises d'accord pour le faire ensemble. On a utilisé notre temps pertinemment, on a discuté sur le christianisme, le judaïsme et l'islam toute la journée et chaque jour. Elle avait examiné sa religion luthérienne (ancienne), et médité sur le judaïsme, elle avait visité Israël (la Palestine occupée) deux fois, et c’est seulement lors de sa deuxième visite qu’elle a commencé à méditer sur l’islam. Elle est passée par le même chemin comme c’est arrivé avec moi et elle est parvenue au même résultat. Je me rappelle qu’en 1995 lorsqu’elle m’avait appris qu’elle était devenue musulmane, je m’étais mal comportée avec elle, j’étais très négative et c’est une honte que je ne l’aie pas soutenue.

A cet instant, j’ai constaté que je me vois comme musulmane, j’en ai informé mon mari, il m’a longuement testée, puis il m’a demandé d’attendre avant de changer ma religion. Il m’a dit qu’avec mon adhésion à l’islam, je peux rendre ma vie difficile et que les gens qui ne connaissent pas l’islam me considéreront différemment et que en ce temps – l’an 2003 – et dans ce monde où nous vivons, les gens se moqueront de moi. Il m’a dit que peut être je perdrais mes relations avec ma famille, mes amis si je me convertis à l’islam. Il a craint que les gens qui ne me connaissent pas bien, ou que j’ai rencontrés depuis peu, ou ceux qui ne l’ont pas rencontré avant, croient qu’il m’a obligée à me convertir à l’islam. Je lui ai répondu que si c’était vrai nous ne serions même pas mariés, parce que quand nous nous sommes mariés j’étais encore chrétienne et je l’étais jusqu’à cet instant. J’ai également argumenté par le fait que les gens qui me connaissent bien savent aussi que je suis forte dans mes opinions, une vraie défenseuse de la femme et de l’humanité et que je suis têtue et que personne ne peut me dominer…..mes parents ont d’ailleurs essayé mais en vain.

J’ai alors décidé que si mes amis et ma famille ne veulent pas de contact avec moi –parce que j’ai décidé de devenir musulmane – qu’il en soit ainsi!Ma religion me concerne, je suis fière de ma recherche en christianisme,  judaïsme, hindouisme, bouddhisme et islam. Ça m’a pris des années et des heures infinies de lecture et de recherche spirituelle pour en arriver à ce point. Ma croyance en Dieu est une chose que j’ai toujours prise au sérieux et je n’ai jamais eu honte d’afficher ma croyance, même quand les autres se moquaient de moi de croire en quelque chose qui ne peut pas être vue. Je leur répondais alors : « regardez autour de vous, comment vous ne pouvez pas croire en un être supérieur qui a crée tous ce qui est autour de nous ! » et à ceux qui croient que l’islam est une sorte de mode je dis : « il ne l’est pas, c’est l’une des plus grandes religion au monde si ce n’est la plus grande, aujourd’hui une sur quatre personne sur cette planète est musulmane. C’est la religion qui se propage le plus.»

Ainsi et en définitif –au mois de juin de l’an 2003 – j’ai décidé de devenir musulmane officiellement pour pouvoir aller à la Mecque pour le pèlerinage. J’avais longtemps recherché des réponses et vers la moitié des années 90, j’achetais des livres sur différentes religions. Au fonds de moi j’imaginais que j’allais trouver des réponses pour moi-même. Je me rappelle la première fois que j’ai entendu l’appel à la  prière et quand celui qui fait l’appel à crié « Allah est grand » du haut du minaret. C’était un beau jour ensoleillé – un dimanche du mois de février de l’année 1997 – au Caire, les cloches de l’église sonnaient également, mais quand j’ai entendu l’appel à la prière les larmes ont coulé sur mes joues, malgré moi. Je n’étais pas alors musulmane, mais ça m’a bouleversée. L’une de mes anciennes et meilleures amies, catholique, était à Beyrouth il y a un certain temps,  elle séjournait dans un hôtel quand elle s’est réveillée sur l’appel à la prière à 4h30 du matin, durant sa première nuit au Liban, elle l’a aussi trouvé émouvant jusqu’au point de pleurer.

Quand je lis le Coran, je le sens au fonds de moi, et que c’est ce qui me convient. La beauté de la révélation coranique me fait parfois pleurer. C’est une méthode globale pour la vie. Aucun autre livre religieux ne m’a touchée jusqu’au point de pleurer.

Le Coran est tout simplement le livre le plus complexe que je n’ai jamais lu de ma vie. Chaque fois que je le lis, je le comprends plus et je me pose plus de questions. Le Coran t’inspire à connaître plus. Chaque fois que tu le lis tu découvres d’autres classes  de compréhension. Je ne suis pas experte et je ne le serais jamais même si j’en lis chaque jour, le restant de ma vie, je continuerais à en apprendre une nouvelle chose, il est plein de mystères. Je continue à joindre à mes études coraniques, l’étude de la bible comme la bible de Barnabé et la Thora….etc.

J’ai eu de nouveaux amis sur internet. Durant ma recherche sur la toile j’ai découvert un site islamique islandais : www.islam.is, j’ai contacté l’écrivain (une femme) et on a commencé à correspondre. Vers le début de l’an 2004 je lui ai envoyé un rapport que j’ai écris avec titre « l’islam en Islande 2003 » et que j’ai envoyé au gouvernement du Royaume de l’Arabie Saoudite. J’ai proposé qu’on procède nous trois à la traduction des sens du saint Coran de l’arabe à l’islandais, elle aussi parle la langue arabe. Il paraît que nous serons trois islandaise à travailler sur la traduction des sens du saint Coran. Pour ceux qui recherchent une bonne traduction anglaise, j’ai entendu dire que la traduction de « Med Assad » est bien, je veux l’avoir aussi.

J’ai également acheté un grand nombre de livres à Kuala Lumpur l’été dernier. C’est une nouvelle Mecque pour les musulmans côté livres, je me suis vraiment approvisionnée!En effet, on a passé, mon mari, mon fils et moi un mois en Malaisie, un pays fabuleux! Avant, des pays islamiques je n'ai été qu'au moyen orient arabe, alors que le sud-est asiatique est un nouveau monde islamique! C'était une expérience épatante, c'est le moins qu'on puisse dire. J'ai toujours été amoureuse de l'art et de l'architecture islamique et la Malaisie constitue un musée islamique à l'intérieur des maisons et à l'extérieur! En effet sous le règne de l'ex premier ministre " Mohader Mohamed" l'islam a connu une renaissance, il a voulu unifier tous les pays islamiques, pas seulement dans le cadre  de ce qu'on appelle " conférence islamique", mais il voulait aussi une monnaie unique "le Dinar d'argent". Quelle vision! L'islam a besoin d'hommes et de femmes comme lui.

J'essaie toujours d'être positive, c'est pour cela que je crois que ce temps est extraordinaire – le 21ème siècle! Si c'était possible pour quelqu'un comme moi de devenir musulmane, alors il y a de l'espoir pour n'importe qui! Mes amis avec lesquels j'ai discuté de la religion il y a peu, savent que je suis devenue musulmane, ils m'ont tous soutenue sans hésitation. J'ai été un peu surprise qu'ils ne soient pas choqués. Ils ont dit qu'ils croyaient que sûrement je trouverais un de ces jours mon sanctuaire que je recherchais depuis longtemps, ils étaient heureux pour moi. Il y en a même qui m'ont appelée par mon nouveau prénom islamique "Nour", et ce, bien que je continue à utiliser mon nom "Anna Linda " parce que c'est le prénom que m'ont choisi mes parents et qui représente la personne que j'étais 36 ans passés. "Nour" est juste la continuité de mon "existence".

C'est la fin de mon histoire "voyage vers la lumière", le voyage qui n'est en réalité qu'un commencement.

Salutations, et que Dieu soit avec vous.

Source: site de la revue alforkane.

Traduit par Leila Amar
 

P.S : Il s’agit d’une opinion de l’auteur et non pas une croyance unanimement admise par tous les musulmans et qui reste sujet de discussion.

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02 février 2008

Notion d’atome : les éclairages coraniques

Notion d’atome : les éclairages coraniques

Par  Dr. Ibrahima Sakho

Professeur de Physiques

1.     Introduction

Jusqu’au XVIIIe siècle, ils existaient des savants occidentaux qui niaient l’existence des atomes alors que le Saint Coran mentionnait dès le VIIe siècle non seulement leur existence, mais et surtout, précisait que l’atome n’est pas la plus petite bribe de matière et de plus qu’il possède une structure interne.

            Depuis la plus haute antiquité, l’homme s’est intéressé à l’étude de la matière sous les différents états qu’elle se présente au commun des mortels : solide, liquide et gazeux. Ajoutons à ce triade d’états : le plasma (feu, cœur des étoiles, etc.). Parmi les plus vieilles interrogations relatives à la structure de la matière, était celle de savoir si la variété de choses observables dans la nature (animaux, végétaux, montages, planètes, étoiles, etc.) repose sur un « empilement » harmonieux de quelque chose plus simple ? En d’autres termes, existe-t-il une entité structurale qui par combinaison, génère toute matière observable ? Les premières réflexions axées sur ce sujet, devaient amener certains philosophes de la Grèce antique à la conclusion que [1] « tout est peut être constitué de petits corpuscules ». Mais de quels corpuscules s’agit-il ?

2.     Existence et dimension des atomes.

En toute objectivité, il est difficile de dire avec certitude, celui qui pour la première fois, à appeler atomes les petits corpuscules dont toute matière est constituée. Toute idée s’appuyant nécessairement sur une autre qui lui est plus ancienne, toute systématisation sur une idée première semble être dénuée de sens du point de vue intellectuel. Quelle idée se faisaient les premiers hommes de l’eau qu’ils consommaient ? Personne ne peut répondre à cette interrogation en rapport avec la notion d’atome. Cependant, pour avancer, il nous faut du point de vue chronologique, s’appuyer sur une idée de départ qui, loin d’être la toute première, est seulement considérée comme la plus ancienne qui nous est parvenue par les écrits disponibles. Parmi les philosophes de l’antiquité grecque, l’histoire retiendra le nom de Démocrite qui appela atomes  les  petits corpuscules dont toute matière est constituée il y a de cela 2400 ans avant J.-C. (doc.1).

Il y a très longtemps, quelques philosophes adoptèrent cette idée [selon laquelle « tout est peut-être constitué de petites particules »]. L’un d’eux était Démocrite qui vivait en Grèce antique il y a quelques 2400 ans. Nous connaissons Démocrite et sa théorie, parce que quelques-uns de ses écrits sont parvenus jusqu’à nous. Mais beaucoup d’autres ont peut-être conçu des idées semblables. Pour Démocrite, tout est constitué de minuscules particules, ou corpuscules, si petites que personne ne pouvait les voir. Elles se groupaient de différentes façons pour former les différentes substances. Les particules elles-mêmes ne pouvaient jamais changer, et ne pouvaient être scindées en particules plus petites. Démocrite les appelait atomes, du mot grec « atomos », qui signifie « indivisible ». Selon lui, les atomes étaient les plus petites particules qui pouvaient exister.

                                                                                                                          Doc 1

Laura Fermi, L’histoire de l’énergie nucléaire, Fernand Nathan, Editeur, Paris, 1964, p.6

Avec Démocrite, la notion d’atome sortit de terre et fut sous-tendue par deux idées intéressantes : l’insécabilité des atomes et leur dimension microscopique. L’idée d’insécabilité devait susciter une nouvelle interrogation : l’atome est-il réellement indivisible ? Quant à leur dimension microscopique, elle annonçait déjà la difficulté à élaborer une théorie atomique conséquente (physique du microcosme).

Fruit de l’imagination, l’idée de Démocrite ne pouvait faire l’unanimité et ceci jusqu au XVIIIe siècle. A cette date, des chimistes tels que Sainte - Claire Deville, Jean-Baptiste Dumas et Marcelin Berthelot doutaient encore de la réalité des atomes (doc.2).

Mais, à côté des jeunes chercheurs pleins de fougue, amoureux d’aventure et dédaigneux des sentiers battus, il y avait les aînés, les grands, les pontifes. Il y avait Sainte – Claire Deville, J.-B. Dumas, Berthelot. Ceux-là avaient  été élevés dans le culte du positivisme. Les yeux écarquillés sur les faits, ils se sentaient horrifiés par tout ce qui n’est pas étayé sur l’observation. Aussi vous devinez avec quelle répulsion ils considéraient les atomes, fantômes que personne n’avait jamais touché ni vu […]. Dumas se lamentait en 1878 : « C’est avec regret que je vois de jeunes chimistes, si capables de faire un usage précieux de tous leurs moments, en consacrer même une partie à combiner vaguement des formules d’une manière plus ou moins probable, plus ou moins possible ». Sainte- Claire Deville déclarait deux ans plus tard : « Je n’admets ni la loi d’Avogadro, ni les atomes, ni les molécules, ni les forces, ni les états de la matière, refusant absolument de croire ce que je ne puis ni voir ni même imaginer ». Et, en 1889, à l’apogée de sa gloire, Marcelin Berthelot, esclave des faits, répudiait avec la même vigueur qu’au temps de sa jeunesse ces notations, ces formules qui sous-tendaient la réalité objective des atomes.                                                                      Doc.2

                                                                                                        

Pierre Rousseau, L’histoire de l’atome, Librairie Arthème Fayard, 1960, p.24

Pourtant dès le VIIe siècle le Saint Coran éclairait la lanterne des hommes de sciences sur la réalité de ces particules du microcosme que sont les atomes :

« Quiconque fait un bien fût- ce du poids d’un atome, le verra, et quiconque fait un mal fût- ce du poids d’un  atome, le  verra ».

                                                                                                      S. 99/V.7-8

En langue arabe, le mot « atome » est désigné sous le vocable « zarrat ». Ce mot est utilisé dans le verset ci-dessous pour exprimer que toute action, bonne ou mauvaise, si minime soit-elle sera notifiée à son auteur le Jour de la Résurrection.  Il est donc clair, que le mot « zarrat » renvoie à un objet matériel dont la dimension microscopique est la limite de ce que l’homme peut imaginer. Ainsi, la révélation coranique présentait l’atome comme quelque chose de vraiment petit, un être du microcosme possédant une masse.

On parlera du poids d’un atome pour parler de sa masse, tout comme l’on parle, par exemple, du poids net d’un paquet de sucre, pour faire référence à une masse de x grammes de sucre.

En 1808, le chimiste anglais John Dalton (1766-1844), publia son oeuvre intitulée "Un nouveau système de philosophie chimique", dans laquelle il dressa la liste des poids atomiques d'un certain nombre d'éléments connus par rapport au poids atomique de l'hydrogène. Ainsi, jusqu’au début du XVIIIe siècle, la notion de « poids atomiques » était inconnue des savants occidentaux si l’on admet avec Pierre Rousseau [2] que la première table de poids atomiques fut publiée par Dalton (doc.3)Or, 1100 ans environ avant la publication de la première table daltonienne, le Saint Coran faisait déjà allusion à la notion de poids atomique.

3.     L’atome est-il la plus petite particule de matière ?

Tout comme Démocrite, Dalton pensait que l’atome était insécable. Et selon Laura Fermi [2], cette idée d’indivisibilité de l’atome fut partagée par la plupart des savants jusqu’à cinquante ans après la mort de Dalton (1766-1844), soit donc jusqu’au début du XIXe siècle. Mais les atomes  sont- ils les plus petites particules en lesquelles la matière puisse se scinder comme le soutenait Dalton et ses partisans ? Le Saint Coran jetait déjà la lumière sur cette interrogation dés le VIIe siècle.

Puisque la balance montre que 1 litre d’oxygène pèse 16 fois plus que 1 litre d’hydrogène et puisqu’ils contiennent autant d’atomes l’un que l’autre, c’est que l’atome d’oxygène pèse 16 fois plus que l’atome d’hydrogène. C’est le raisonnement que tint Dalton et qui lui permit de publier la première table de poids atomique.  Puis les méthodes de pesée s’étant perfectionnées, le chimiste suédois Berzelius dressa des tables plus précises. Dans celles de 1833, par exemple, on lisait que, le poids de l’atome d’hydrogène étant pris pour unité, l’atome d’oxygène pesait 16 fois plus, celui d’azote 14 fois plus, celui de chlore 35 fois et demi plus, et ainsi de suite. Deux français Dulong et Petit, enseignèrent à effectuer les mêmes mesures pour les atomes des corps solides, et l’on put alors lire : le poids atomique de l’hydrogène est 1, celui de l’oxygène16, celui de l’azore 14, de l’argent 108, du fer 56, etc.…

                                                                                                                    Doc 3

Pierre Rousseau, L’histoire de l’atome, Librairie Arthème Fayard, 1960, p.21

« […] Rien ne Lui échappe fût-il le poids d’un atome dans les cieux comme sur la terre, et rien n’existe deplus petitni de plus grand qui ne soit inscrit dans un Livre explicite  ». S. 34/V.3

« Il  n’échappe à ton Seigneur ni le poids d’un atome sur terre ou dans le ciel, ni un poids plus petit ou plus grand qui ne soit inscrit dans un Livre explicite  ». S. 10/V.61

Ces deux versets très explicites, expriment le fait fondamental qu’il existe quelque chose de plus petit que l’atome aussi bien sur terre que dans les cieux. Or, comme précisé précédemment, jusqu'à la seconde moitié du XVIIIe siècle nombre de scientifiques considéraient l’atome comme la particule ultime indivisible et en conséquence la plus petite que l’esprit humain pouvait concevoir. Notons cependant, que ces versets ne disent pas que l’atome possède une structure interne. Les choses qui sont plus petites que l’atome pouvant exister aussi bien en dehors des atomes tout comme elles peuvent être des constituants même de l’atome. 

            La découverte des particules plus petites que l’atome remonte seulement à la fin du XVIIIe siècle. Nous pouvons prendre comme repère l’énigmatique rayonnement cathodique émis par un tube de Crookes qui passionna les scientifiques de l’époque du physicien et chimiste anglais Sir William Crookes (1832-1919).

            Sommairement, un tube de Crookes est une ampoule contenant un gaz (de l’air par exemple) et munie de deux électrodes. Lorsque l’on applique une tension d’environ 50 000 volts entre les deux électrodes et que l’on diminue progressivement la pression du gaz, un espace obscure (appelé espace de Crookes) empli le tube vers 0,01 millimètres de mercure. Sous cette tension et  pression, les parois du tube émettent alors une lueur verdâtre appelé rayonnement cathode qui à la propriété d’être dévié par un champ magnétique. Crookes considérait le rayonnement cathodique comme le quatrième état de la matière qu’il appelait état radiant. Mais quelle est la  nature de ce rayonnement ?

A cette interrogation Crookes répondit en 1885 [2] : « Le rayonnement cathodique est constitué de molécules chargées négativement,  émises par l’électrode négative. La preuve qu’il s’agit bel et bien de  molécules s’écria t-il, c’est que l’action d’un aimant les fait dévier de leur trajectoire, exactement comme des grains de limaille de fer ».

            Si le rayonnement cathodique est une réalité expérimentale que nul ne pouvait remettre en cause, il restait que la nature moléculaire conférée au fameux rayonnement intriguait nombre de physiciens parmi lesquels l’anglais sir Joseph John Thomson (1856-1940). Ce dernier dès 1881, eu l’audace de prendre le contre-pied des conceptions de Crookes sur la nature du rayonnement cathodique. Pour Thomson, le rayonnement cathodique est constitué non pas de molécules mais de grains d’électricité négative pure qu’il baptisa électrons (terme introduit en 1891 par l’astronome et physicien irlandais, Georges Johnstone Stoney). Cependant, Thomson soutenait que les grains d’électricité pure ne sont pas matériels.

Pour Thomson, même si les observations expérimentales obligent que l’on accorde une masse aux grains d’électricité pure, alors il faut seulement comprendre que cette masse n’est rien d’autre leur inertie induite par leur mouvement sous l’action du champ magnétique. Mais, Thomson ne disait rien sur la dimension des grains d’électricité négative pure. Parmi les premiers à songer à la dimension de ces grains, l’histoire retient le nom du physicien français Jean Perrin (1870-1942).

Confrontant les idées de Crookes, Thomson et autres, Perrin proposait de considérer le rayonnement cathodique comme constitué non pas de molécules, mais de particules plus petites chargées d’électricité négative pure. Pour  vérifier cette proposition par voie expérimentale, Perrin recueillit à l’aide d’une case de Faraday en contact avec le plateau d’un électroscope chargé positivement, le rayonnement cathode au sortir d’un tube de Crookes. Il constata alors que les fameux grains d’électricité pure suggérés par Thomson neutralisaient à peu près la charge positive de l’électroscope. Cette expérience montée en 1895 confirmait alors  que l’électricité transportée par le rayonnement cathodique est bien de nature négative. Mais, il faut noter que jusqu’à cette date, on n’avait aucune idée sur la taille des grains d’électricité négative pure. Sont-ils plus petits que les atomes ? La réponse à cette question, toujours par voie expérimentale, nécessitait la mise en œuvre de deux autres expériences différentes: l’expérience de  Thomson et celle du physicien américain Robert Andrews Millikan (1868-1953). L’expérience de Thomson utilise un tube cathodique avec anode percé d’un trou. Le faisceau cathodique émis, traverse un espace où l’on applique d’abord un champ électrique puis simultanément des champs électrique et magnétiques orthogonaux.

L’étude cinématique du mouvement du faisceau cathodique d’abord dans le champ électrique seul puis dans les champs électrique et magnétique orthogonaux, permit à Thomson d’exprimer la charge massique (e/m) d’un grain d’électricité négative pure (ou encore électron) du faisceau cathodique en fonction des paramètres de son dispositif expérimental. Puis, vint Millikan qui, en 1909, monte une expérience dite expérience de la goutte de Millikan et qui utilise un condensateur plan. Cette expérience lui permit de mesurer la charge élémentaire (e). On en déduit alors en rapport des résultats sur la mesure de la  charge massique (e/m), la masse  (m) de l’électron. On se rendit alors compte qu’en terme de masse, l’électron était 1836 fois plus petit que le plus petit des atomes(atome d’hydrogène).

Voici donc en résumé, l’essentiel des grandes étapes de l’évolution de la pensée scientifique qui devait aboutir à la découverte de quelque chose de plus petit que l’atome : l’électron. Or, 1800 ans environ  le Saint Coran révélait : qu’ « Il  n’échappe à ton Seigneur ni le poids d’un atome  sur terre ou dans le ciel, ni un poids plus petit ou plus grand qui ne soit inscrit dans un Livre explicite  ». S. 10/V.61

4.     L’atome possède t-il une structure interne ?

Jusqu’au début du XIXe siècle, les savants occidentaux n’avaient aucune idée sur la structure interne des atomes. On savait seulement à travers les expériences de Thomson et Millikan qu’en plus des atomes, il existe une particule élémentaire plus petit que l’atome appelée électron.

Le premier modèle atomique est celui imaginé par J. J. Thomson  en 1902. Ce dernier développe l’idée  du "pain aux raisins" sur la structure atomique. Pourtant, dès le VIIe siècle, le Saint Coran indiquait la voie  à suivre dans l’exploration de la structure subatomique :

« Et Nous avons fait descendrele fer dans lequel il y a une force redoutable, aussi bien que des utilités pour les gens » S.57/V.25

Ce verset est sublime. Dans l’atome de fer, il y a une force redoutable. Mais une force est toujours produite par quelque chose. Mais c’est quoi cette chose (que nous noterons N) dans l’atome de fer à l’origine de cette force redoutable ? Puisque N est un contenu, alors il est plus petit que son contenant.  En outre, puisque le contenu est différent du contenant, l’atome de fer est donc constitué du contenu N et d’un autre contenu (que nous noterons C) qui est en dehors du premier contenu N. Chacun des deux contenus N et C pouvant être ou non un contenant.

Au XIXe siècle, les scientifiques sont parvenus à la conclusion que tout atome est constitué d’un noyau (N) et d’un cortège électronique (C).

Pour se convaincre que le Glorieux Coran fait allusion sans aucun doute à ce que nous appelons aujourd’hui noyau atomique, il suffit de se concentrer sur le fait que dans l’atome de fer  il y a « une force redoutable, aussi bien que des utilités pour les gens ». Sachant que lorsqu’une force travaille de l’énergie est produite, les esprits épris de sincérité, se convaincront qu’il s’agit bien de l’énergie nucléaire dont il est fait allusion dans le sublime verset coranique. La bombe atomique est bien une confirmation éclatante de l’éclairage coranique sur la force redoutable qui se trouve dans les atomes. Mais l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques telles que, par exemple,  la production d’énergie électrique, est aussi une  confirmation étincelante de l’éclairage coranique selon lequel dans les atomes, il y a aussi  « des utilités pour les gens ». Mais comment les savants occidentaux sont-ils arrivés à la découverte du noyau atomique ?

Nous sommes en 1902. J. J. Thomson développa la théorie du "pain aux raisins" sur la structure atomique et présenta ainsi  le premier modèle atomique où les électrons sont considérés comme des raisins négatifs répartis dans du pain de matière positive. Mais du fait des forces d’attraction et de répulsion coulombiennes, la matière atomique telle que décrite devrait être instable. Ce premier modèle de Thomson ne convient donc pas.

            En 1911, le physicien anglais lord Ernest Rutherford of Nelson (1871-1937) utilisa un rayonnement radioactif constitué de particules a ou hélion, pour bombarder de minces feuilles métalliques. Cette expérience connue sous le nom de diffusion de Rutherford lui permit de s’apercevoir que  la structure atomique ne pouvait être représentée sous la forme statique imaginée par Thomson en 1902.  S’inspirant du modèle planétaire de l’astronome allemand Johannes Kepler (1571-1630) où la stabilité du système solaire est assurée par la rotation des planètes autour du Soleil sous l’effet de la force gravitationnelle, Rutherford proposa le modèle planétaire de l’atome où les électrons chargés négativement tournent autour d’un centre ponctuel positif (noyau) présent dans la matière sous l’effet de la force d’attraction électrique. C’est seulement donc à partir du XIXe siècle que les scientifiques occidentaux venaient à  découvrir que l’atome contient en son sein quelque chose de ponctuel appelé noyau atomique. N’est-il pas alors étonnant, que cette chose fut mentionnée dans le Livre des Musulmans, le Glorieux Coran, environ 1200 ans avant la fameuse expérience de Rutherford ?  Mais une objection triviale peut être faite.

Si le Glorieux Coran a fait allusion à quelque chose de plus petit que l’atome ainsi même qu’au noyau atomique, pourquoi les savants Musulmans n’ont pas étés  en mesure de proposer les premiers modèles atomiques corrects ? Eh bien, la réponse à cette objection est aussi triviale que l’objection elle-même.

Comme nous le savons tous, l’histoire de l’évolution de la pensée scientifique est écrite par des hommes. Mais l’écrivain de propagande fallacieuse qui relate l’histoire, a tendance à camoufler certaines vérités qui ne collent pas avec ses ambitions. Or, il est clair que l’homme blanc a toujours exprimait sa suprématie sur terre : n’est-il pas venu en Afrique et ailleurs pour civiliser dit-il les peuples non civilisés ? Justement, l’apport spécifique du monde Musulman à la culture scientifique universelle à été purement et simplement occulté à dessein par nombre d’historiens blancs des sciences.

Les  savants  d’origines  diverses – Persans, Syriens, Espagnols – et de confessions différentes – Musulmans, Juifs et Chrétiens – s’expriment et travaillent dans une langue commune l’arabe, véritable langue internationale. Entre le VIIIe et XIIe siècle, les Arabes recueillent l’héritage grec, le traduisent, l’enrichissent souvent et le transmettent plus tard à l’Europe.

                                           Doc.4

Collection Grehg / Seconde. Histoire. Hachette, 1997, p.359

Notons tout d’abord, qu’il fut une période où la langue de travail des savants fut non pas l’anglais ou une autre langue occidentale, mais plutôt l’arabe (doc.4)Ce qui est alors inconcevable, c’est que parmi la triade de confessions religieuses citées dans le document 4, l’histoire ne prête les grandes découvertes scientifiques uniquement qu’aux seuls savants juifs et chrétiens ? Pourquoi ces savants de l’occident judéo-chrétien, ne pouvaient-ils pas faire de la science entre le VIIe et le XIIe siècle sans s’approprier la langue arabe, langue d’écriture des textes sacrés du Glorieux Coran ? Autrement dit, pourquoi à partir de VIIIe siècle, des  savants  Espagnols, Juifs et Chrétiens avaient-ils jugé nécessaire de s’exprimer et travailler dans une langue commune l’arabe ?  Ce n’était évidement pas pour apprendre la religion musulmane afin d’adorer convenablement Allah. 

En outre, nous savons qu’au XIXe siècle, il fut en Europe une période durant laquelle, l’atome n’était plus cet objet dont toute  matière est constituée mais, plutôt un objet de propagande « civilisationnelle » (doc.5). Mais, puisque « l’homme nordique est le fondateur même de la science » et que la «  science est raciale  et conditionnée par le sang », alors il fallait non seulement « extirper de la physique allemande les derniers vertiges de l’esprit juif » mais aussi (même si  on ne le dit pas), extirper de la physique de l’homme nordique, l’héritage grec enrichi par les Musulmans et transmis aux nordiques.

…Nous sommes en 1933, Hitler a reçu le pouvoir des mains de Hindenburg, et une ombre brune recouvre peu à peu l’Allemagne. […]. La race allemande n’est-elle pas celle des seigneurs ? Déjà, des historiens nazis commencent à rédiger des thèses dans lesquelles la civilisation européenne est l’œuvre des pays nordiques, dérivant   d’une race aryenne disparue bien avant notre ère. Cette race pure, en laquelle le génie humain a atteint son apogée, s’oppose à la multitude des autres races impures et polluées par des mélanges de sang, et surtout la race juive, diabolique, corrompue, qui n’utilise ses éminentes qualités d’intelligence que dans de pernicieux desseins de plonger le monde dans la guerre et le chao ». […]. Lenard qui, en 1936, publiant un grand traité de physique sous le titre Physique allemande – dédié au ministre de l’intérieur Dr. Frick, s’explique ainsi dans sa préface : « Physique allemande  ? Demandera-t-on. J’aurai puis dire plutôt : Physique aryenne, ou physique de l’homme nordique, la physique de ceux qui ont creusé les profondeurs de la Réalité,  Chercheurs de vérité, la Physique  des fondateurs même de la science. C’est faux. La science, comme tout autre produit humain est raciale  et conditionnée par le sang ». Encore Lenard ne va-t-il pas aussi plus loin que son confrère Stark, lui aussi lauréat Nobel, qui, s’en prenant à la théorie atomique elle-même, déclare en 1938 : «  les physiciens juifs ont donné à l’atome une forme qu’il n’a pas en réalité, cependant, grâce à l’influence juive qui est considérable dans cette science,  des professeurs aryens comme Planck, Bohr, Schrödinger ont accepté leurs vues. Le moment est venu d’extirper de la physique allemande les derniers vertiges de l’esprit juif. L’atome aryen ne ressemble pas à l’atome juif ».

                                                                                                                      Doc.5

Pierre Rousseau, Histoire de l’atome, Librairie Arthème Fayard, 1960, pp. 152

Devrons nous alors nous étonnez si, toutes les grandes théories de la physique quantique soient initiées par des aryens : la théorie des quanta de lumière avec l’allemand Max Planck (1900), l’atome quantifié  du danois Niels Bohr (1913), l’équation fondamentale de la mécanique quantique établie par l’autrichien Erwin Schrödinger (1926), et la liste est élastique.

            Donnons un exemple concret pour mettre à nu cette volonté de nombre d’historiens des sciences de dissimuler à dessein, l’héritage grec enrichi par les Musulmans et transmis aux nordiques.

Au paragraphe 3 de son ouvrage intitulé Evolution des idées sur la nature de la lumière, l’académicien russe D. Sivoukhine [3] commence par citer (doc.6) le grec Pythagore (vers 580-500 avant J.-C), puis le français René Descartes (1596-1650)  puis enfin, l’hollandais Christian Huygens sans nullement citer un seul des penseurs musulmans qui ont réfléchi sur la nature de la lumière.

Entre la pensée du Grec Pythagore et celle du français Descartes, il y a eu sans aucun doute, l’empreinte de l’héritage grec enrichi par les Musulmans et transmis aux Européens.

« Pour Descartes, la lumière était une compression qui se propageait dans un milieu parfaitement élastique (éther universel) remplissant tout l’espace, y compris les interstices subsistant entre les particules. Descartes n’arriva pas à expliquer de façon conséquente cette conception de sa théorie de la réfraction et utilisa pour ce faire la conception corpusculaire de la lumière ». Hooke (1635-1703) admettait aussi que la lumière était composée d’impulsions de compression se propageant instantanément ou avec une très grande vitesse. (La vitesse de la lumière ne fut déterminée qu’en 1676 par Olaüs Römer (1644-1710) par observation des éclipses de Jupiter). Quelques années avant Hooke, le moine tchèque Marci (1595-1667) et le moine italien Grimaldi (1618-1663) arrivèrent à conclure que la lumière était constituée d’ondes se propageant à grande vitesse. Ces différentes idées sur la nature de la lumière furent systématisées et développées d’une part par Isaac Newton (1642-1727) et d’autre part par Christian Huygens (1629-1695).

                                                                                                                       Doc.6

D.Sivoukhine, Cours de Physiques Générale, Optique, Editions Mir, Moscou, 1984, pp.17-18

Pour se rendre compte qu’il y a bel et bien anguille sous roche, il suffit de considérer cet extrait de l’article de Pierre Bonton [5] de l’Université Blaise Pascal (Clermont-Ferrand II), LASMEA UMR CNRS 6602, intitulé : Histoire de la Lumière et de la Couleur : «  La contribution des Arabes est fondamentale. (Contrairement aux Romains ils assimilent les connaissances des civilisations rencontrées) ». Pour ce qui concerne l’œuvre de Ibn Al-Haytham dit Alhazen (965-1039), Pierre Bonton ajoute : « Son raisonnement est clair, il rejette les théories grecques et explique la réflexion et la réfraction. René Descartes (1596-1650) ne réintroduira ces explications que 6 siècles plus tard. Alhazen en 1000, de part ses expériences et ses calculs, donne un modèle mécanique simple: la Lumière est matérielle et se propage avec une très grande vitesse selon des rayons. La modification de cette vitesse par les corps rencontrés cause la REFRACTION. Le choc de la lumière et des corps crée la REFLEXION. Cette première théorie est de conception très moderne, la démarche est scientifique ».

La révélation est alors étincelante. Pourquoi vouloir attribuer à Descartes la conception corpusculaire de la lumière ? Comment cette idée est-elle parvenue à Descartes (1596-1650) ? N’est-ce pas qu’environ 550ans  avant sa naissance,  le savant Musulman  Al-Haytham (965-1039) avait développé une véritable théorie corpusculaire de la lumière « de conception très moderne » et dont « la démarche est scientifique » ?

De même, peut – on objectivement attribuer à Descartes les lois de la réflexion et de la réfraction ? De plus, dit-on (doc.6), bien avant le physicien anglais Robert Hooke, « le moine tchèque Marci (1595-1667) et le moine italien Grimaldi (1618 -1663) arrivèrent à conclure que la lumière était constituée d’ondes se propageant à grande vitesse ». N’est-il pas alors surprenant d’apprendre que [5] « Alhazen en 1000, de part ses expériences et ses calculs, donne un modèle mécanique simple: la Lumière est matérielle et se propage avec une très grande vitesse selon des rayons » ? Autant donc de révélations pouvant justifier la volonté raciale d’extirper de la physique de l’homme nordique, l’héritage grec enrichi par les Musulmans et transmis aux nordiques.

En outre, pour ce qui concerne précisément le cas particulier de l’atome qui est l’objet de ce présent article, il est clair que certains intellectuels occidentaux s’intéressant à l’histoire des sciences précisent que la première tables des poids atomiques fut publié par Dalton. Par la suite des tables beaucoup plus précises devraient être établies par Berzelius en 1833 (doc.3). Or, en consultant Internet, on peut lire ce qui suit,  concernant les apports spécifiques du savant musulman Al-Biruni (973 - 1050) [6] : « Savant et philosophe arabo-islamique d'origine iranienne, essentiellement mathématicien et astronome de l'école de Ptolémée. Comme scientifique, sa contribution la plus importante concerne ses observations précises de phénomènes naturels. Appelé parfois "le maître", il est l'un des scientifiques musulmans les plus renommés de son temps. Al-Biruni a rédigé plus de 113 ouvrages, mais la plupart ont été perdus. Les sujets traités étaient l'astronomie, l'astrologie, la chronologie, la géographie, les mathématiques, la mécanique, la médecine, la pharmacologie, la météorologie, la minéralogie, l'histoire, la religion, la philosophie, la littérature et la magie. Il existe encore un ou plusieurs livres sur chacun de ces sujets. Parmi les travaux les plus importants d'Al-Biruni, on retiendra Canon, son étude la plus complète sur l'astronomie; Densités, qui recense les poids spécifiques des différents métaux, liquides et pierres précieuses ; Astrolabe, l'une des meilleures descriptions de cet instrument; et India, son œuvre la plus connue, dans laquelle il utilise le sanskrit pour décrire les coutumes, les langues, la science et la géographie indiennes ».

La vérité n’a t- elle pas alors éclaté ? Comment peut affirmer que la première table des poids atomiques fut publiée par Dalton (1766-1844), en 1808 alors qu’environ 800 ans avant, le savant arabo-islamique Al-Biruni (973-1050) avait recensé les poids spécifiques des différents métaux, liquides et pierres précieuses dans son œuvre Densités ? Nous n’en dirons pas plus. C’est quoi la mission de l’historien, sinon que de relater l’histoire telle qu’elle s’est déroulée ?

Cette volonté d’extirper l’apport spécifique des Musulmans à la culture intellectuelle (scientifique comme littéraire)  se manifesta aussi dans le domaine de la physique astronomique. James S Pickering [4] souligne à  la page 2 de son ouvrage fenêtres ouvertes sur l’espace : « Il fallut attendre le XVIe siècle pour que l’astronomie prit un nouvel élan.  Un chanoine et physicien polonais, Mikolaj Kopernik, que nous connaissons sous de nom de Nicolas Copernic, n’était pas convaincu par le système de Ptolémée.  Il avait lu de nombreux ouvrages d’astronomie et avait été frappé par la théorie héliocentrique de l’univers proposée par Aristarque près de mille ans auparavant ». Pourtant tous ceux qui ont étudié l’histoire médiévale savent qu’en 640, les Arabes Musulmans occupèrent l’Egypte et développèrent l’astronomie dans les observatoires du Caire, de Bagdad en Irak et de Cordoue et Tolède en Espagne. Dans le cas particulier du système solaire, le savant Musulman Al Biruni (973-1050) envisagea l’hypothèse héliocentrique 1200 ans donc environ avant Copernic. Entre la pensée du Grec Aristarque de Samos et celle du polonais Copernic, figure en très bonne place l’empreinte de la pensée illuminée par la lumière coranique du savant Musulman Al Biruni. Que « d’anguilles» sous roche !!!

Autant d’exemples que l’on peut multiplier pour prouver le fait qu’il se manifesta en  Europe une volonté raciale  d’extirper de la physique de l’homme nordiqe, non seulement les derniers vertiges de l’esprit juif, mais aussi, tout l’apport culturel de la civilisation arabo - musulmane afin de faire avaler  au monde l’idée selon laquelle « la civilisation européenne, œuvre des pays nordiques et dérivant   d’une race aryenne, la race pure, en laquelle le génie humain a atteint son apogée » et qui, « s’oppose à la multitude des autres races impures et polluées par des mélanges de sang », a accouchée la  « Physique aryenne, ou  physique de l’homme nordique, la physique de ceux qui on creusé les profondeurs de la Réalité,  Chercheurs de vérité, la Physique  des fondateurs même de la science ».

Pour tant fait remarquer James S Pickering [4] à la page 31 de son ouvrage précité : « Après Ptolémée, l’astronomie dépérit. La chute de l’Empire romain, la situation politique chaotique de l’Occident, le début du Moyen Age, contribuèrent au déclin de la science. Mais, sans les Arabes, les choses auraient peut-être pu allé plus mal. Ils sauvèrent le livre de Ptolémée, qui, à cette époque, avait pris le nom de Grande Syntaxe […]. A leur tour, Les Arabes s’intéressèrent à la science de l’astronomie pendant les quelques siècles qui suivirent, tandis que le monde grec et le monde romain s’effondraient et que l’Europe se trouvait plongé dans le chaos qui précéda la période médiévale ».

Dès lors, n’est-on pas  en droit de se poser la question de savoir, comment des consciences nordiques nées du chaos, pouvaient-elles subitement se réorganiser pour par la suite s’autoproclamer les fondateurs de la science, alors bien avant que ce chaos n’habite ces consciences aryennes, les Arabes s’intéressèrent à la science ? N’est-il pas plus sage de reconnaître à tout peuple, à toute race, à toute confession religieuse, sa part de contribution à la culture intellectuelle ? Qu’un nordique ou non soit à l’origine d’une théorie scientifique révolutionnaire, c’est toujours le génie humain qui se manifeste, et que l’on ne doive guère s’émerveiller devant l’homme inventeur des lois, mais plutôt louer son Noble Créateur qui lui a enseigné ce qu’il ignorait et qu’il parvenait à découvrir:

« Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l’homme d’une adhérence. Lis ! Ton Seigneur est le Très Noble, Qui a  enseigné par la plume, a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas » S.96/V.1-5

5.     Conclusion

D’après ce qui vient d’être développé, il est clair que le Saint Coran mentionnait dès le VIIe siècle non seulement l’existence des atomes en tant que des corpuscules minuscules, mais et surtout, précisait que les atomes ne  sont pas les plus petites particules de matière. De plus le Glorieux Coran précisait que les atomes  possèdent en leur sein quelque chose que nous appelons depuis l’expérience de Rutherford (1911) noyau atomique.

La question fondamentale qui nous traverse alors l’esprit est triviale : comment le Livre des Musulmans a-t-il pu annoncer à travers ses textes sacrés non seulement l’existence des atomes, mais et surtout, ces réalités expérimentales du XIXe siècle relatives à l’existence de particules plus petites que l’atome (électrons et noyaux atomiques)?

La confirmation expérimentale est l’argument du scientifique tout comme le Coran et / ou les hadiths sont les arguments du Musulman. Ce que dit l’expérience bien menée est irréfutable et est considéré comme une certitude. Il s’ensuit qu’en dehors de l’expérience, toute idée agitée née de l’imagination. C’est d’ailleurs le reproche que l’on fit à Démocrite qui ne pouvait prouver l’idée qu’il développait.

Si sans dispositif expérimental, les Arabes de l’époque du Prophète Mouhammad (Salut et bénédiction sur lui) étaient en mesure d’imaginer dès le VIIe siècle l’existence de particules plus petites que l’atome, pourquoi les savants du XVIIIe siècle ne pouvaient-il pas arriver à la même conclusion que ces Arabes Musulmans par leur simple imagination ?

Notons que jusqu’à l’époque de J. J. Thomson qui concéderait d’ailleurs les électrons comme immatériels (1897), les savants occidentaux n’avaient pas pu imaginer quelque chose de plus petit que l’atome dont l’existence même ne faisait pas l’unanimité (voir doc.2).

Lorsque l’on engage l’imagination dans une sorte d’effondrement conduisant la pensée humaine vers les profondeurs de l’infiniment petit, on aboutit à cette antique idée développée par Démocrite selon laquelle les atomes étaient les plus petites particules qui pouvaient exister, mais jamais à quelque chose de plus petit encore. Il s’ensuit que l’existence de particules plus petites que l’atome ne pouvait être le fruit de l’imagination au XIXe siècle et à fortiori au VIIe siècle.

Si le Saint Coran est une simple compilation de textes écrits par un illettré (ce qui paraît bien paradoxale) et attribué à Dieu comme le soutenaient les arabes mécréants de l’époque de la révélation, alors comment cet illettré  a t-il pu imaginer une réalité si profonde qui n’a pu être accessible aux savants occidentaux du XVIIIe que grâce à la mise en œuvre de méthodes expérimentales d’investigation ? Il a fallu développer tout un arsenal expérimental : expériences de Crookes (1885), de Perrin (1895), de Thomson (1897) et de Millikan (1909), pour arriver à la découverte de  la toute première particule plus petite que l’atome : l’électron.

L’imagination étant une valeur propre humaine, alors nous conviendrons que le Livre des Musulmans qui indiquait dès le VIIe siècle l’existence de quelque chose plus petit que l’atome ne peut être l’oeuvre d’un humain. Nul doute donc que le Coran émane du Créateur des électrons, des nucléons, des atomes, des molécules, de la cellule vivante, des êtres vivants, des planètes, des étoiles, des galaxies, des amas de galaxies, en somme, du Créateur Sublime de tout l’univers : Allah, à Lui Seul gloire et royauté. Notre Créateur doué de la perfection de savoirs  précise :

« Et Nous avons fait descendre sur toi [Mouhammad] le Livre comme un exposé explicite de toute chose, ainsi q’un guide, une grâce et une bonne annonce aux Musulmans » S.16/V.89

Gloire à Allah, notre Créateur Savant par excellence. Devant Son savoir infini et éternel, l’ensemble de nos connaissances dans tous les domaines du savoir scientifique et littéraire, accumulées depuis l’antiquité jusqu’à la fin des temps, ne saurait peser plus que l’aile d’un moustique, voire même, plus que la plus petite dernière particule à découvrir.

Références


[1]
L. Fermi, L’histoire de l’énergie nucléaire, Fernand Nathan, Editeur, Paris, 1964.

[2] P. Rousseau, Histoire de l’atome, Librairie Arthème Fayard, 1960

[3] D. Sivoukhine, Cours de Physiques Générale, Optique, Editions Mir, Moscou, 1984,

[4] J.S. Pickering  Fenêtres ouvertes sur l’espace, Nouveau Horizon, Paris, 1970.

[5] www710.univ-lyon1.fr/~fdenis/club_EEA/cours/histoire1.html.

[6] www.isimabomba.free.fr/biographies/chimistes/biruni.htm.

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Quel humanisme pour l’islam ? (3/3)

Quel humanisme pour l’islam ? (3/3)

Le rôle de la Révélation

Après avoir évoqué tous ces aspects de l’homme, il reste, en ce qui concerne l’humanisme, une véritable question dont on parle d’ailleurs assez peu dans les traditions philosophiques ou religieuses de l’Occident, catholique ou protestant.

Quel est le rôle de la Révélation ?

On ne peut pas parler de l’homme et de l’humanisme sans se poser cette question. Quelle est en effet l’autonomie de l’homme ? On vient de parler de limites. On vient de dire que la raison est libre, mais qui fixe la limite ? Est-ce uniquement la raison qui s’autorégule ou est-ce qu’il y a une "révélation" qui régule notre pratique rationnelle ? Pour l’Islam, la seconde éventualité demeure la plus vraie, car c’est le Coran qui contient cette Révélation.

Mais faut-il considérer qu’on est enfermé dans les Écritures parce qu’on les cite sans arrêt ? Tout dépend de la façon dont on cite ; est-ce pour s’enfermer ou pour s’orienter ? grande différence. On peut citer un texte en perdant son humanité ou en la valorisant : en perdant mon humanité, c’est que le texte m’ignore ; en valorisant mon humanité, c’est que le texte appelle chez moi une humanité à faire, et non une humanité à nier.

La question, en vérité, n’est pas la fréquence des citations mais le contexte dans lequel elles sont insérées. Si l’on ne comprend pas le type de proximité que les musulmans ont avec le texte, on ne les comprendra pas. Une des choses les plus importantes dans la tradition musulmane est l’acquisition du texte et son assimilation. Il y a des centaines de milliers de gens qui connaissent tout le Coran par cœur : c’est l’aspect de la connaissance du texte, connaissance par le cœur, dans le cœur et pas seulement dans la tête (un enseignant musulman dans une banlieue française s’indignait : ils savent un dixième du Coran et ce sont des délinquants !). Un texte acquis dans le cœur illumine le réel, il n’enferme pas. Toute la question est donc bien de savoir comment on cite.

Cela étant dit quant à la place et au rôle du texte, que dit la Révélation et comment s’exprime-t-elle ?

La Révélation est d’abord une confirmation

On ne peut pas comprendre le rôle de la Révélation selon la tradition musulmane si l’on n’a pas compris tout ce qui a été dit plus haut sur la conception de l’homme. Nous sommes ici à mille lieues de toute la pensée existentialiste, au premier rang de laquelle on peut mettre celle de Kierkegaard. Rien n’est plus étranger à la pensée musulmane que la pensée de Kierkegaard, ne serait-ce que par le statut qu’il donne à la Révélation (celui d’une interpellation surnaturelle adressée à l’homme et qui intervient de l’extérieur, en rupture avec l’ordre de la nature)

Pour la pensée musulmane, la Révélation n’est pas un événement qui sort de l’ordre naturel, mais au contraire le confirme : Lumière sur lumière, dit une formule coranique ; la lumière de la Révélation vient confirmer la lumière du cœur. Il faut s’attacher à une formule tout à fait intéressante de Abu Hâmid al-Ghazali : le message, dans sa lettre, est une révélation extérieure ; la raison est une révélation intérieure. En d’autre termes, mon intelligence m’apporte une révélation qui vient de l’intérieur et qui est confirmée par la Révélation ; je porte en moi une révélation que la Révélation vient confirmer. Cette façon de voir est très importante dans la tradition musulmane.

Montaigne, par exemple, nous parle du "Grand Livre du Monde". Cette idée provient en fait d’une tradition orientale qui est reprise dès le VIIIème siècle dans la tradition musulmane et qui met en évidence l’idée d’un livre révélé (le Coran, qui comprend la Bible hébraïque, la Torah,, les psaumes, L’évangile et qui reconnaît tous les prophètes) et l’idée d’un livre déployé qui est l’Univers. Tout ce qui rappelle Dieu dans l’Univers est un signe ; et tous les versets de la Bible et du Coran sont stipulés comme étant également des signes (c’est le même mot). Le signe du texte écrit renvoie au signe du "texte" créé, c’est-à-dire la création. Il y a tout un jeu de correspondances entre le microcosme et le macrocosme.

La Révélation est donc une "lumière" qui vient confirmer une autre lumière et qui doit stimuler l’intelligence. C’est pourquoi, à maintes reprises, Dieu interpelle dans le Coran ceux qui sont doués d’intelligence. Qu’est-ce que le discernement : c’est voir avec le cœur ce que la raison voit comme élément. Le cœur ajoute la dimension du signe. Tous les mots, dans le Coran, renvoient à cette idée de la confirmation de ce qui nous habite déjà.

La Révélation est ensuite une orientation

La Révélation oriente ce qui nous appelle. Nous cherchons ; elle nous oriente. Par rapport à Dieu il y a des exigences. Par rapport au monde, la Révélation va nous donner des orientations dans quatre domaines (pour simplifier).

- le rapport au Divin

La Révélation oriente dans le rapport que l’on a avec le divin. Raison pour laquelle le terme Islam signifie avant tout soumission à Dieu (qui dépasse d’ailleurs le cadre des seuls musulmans : Abraham était soumis à Dieu). L’Islam se traduit par un acte de foi, et non par la référence à un homme, ni à un peuple, ni à une tradition. Par cet acte lui-même, par l’acte par lequel le cœur reconnaît ce qui l’appelle, l’homme revient à son origine. C’est le chemin vers la Source vive. Lors de la mort d’une personne, nous disons : nous sommes à Dieu, c’est vers Lui que nous retournons. Dans cette première orientation, ce que nous trouvons dans le texte, c’est le rappel du rapport au Divin : comment être avec Dieu ? se connaître pour cheminer vers la Source. Pour devenir musulman, il faut reconnaître qu’il n’y a qu’un Dieu et que le dernier prophète est Son prophète.

Ensuite il nous faut savoir comment être musulman, c’est-à-dire comment revenir à cette Source : Il faut se chercher, retourner à son cœur, s’analyser et faire un bilan de conscience, ce qui est véritablement renvoyer l’homme à lui-même.

Dans la tradition musulmane il n’est pas déclaré que l’homme soit à l’image de Dieu. Dieu est au-delà de tout ce que l’on peut imaginer. Rien ne Lui est semblable et rien ne peut s’approcher de Lui. On peut s’orienter intellectuellement vers la compréhension de Ses qualités mais jamais dans la définition de Son Etre. Ce qui nous rapproche de Dieu c’est une réflexion sur l’étincelle qu’Il a mise en nous, mais jamais pour Le définir, toujours pour nous rapprocher. Le rapport à Dieu n’est jamais un rapport de définition ou de captation intellectuelle, mais un rapport de proximité spirituelle. On doit sentir cette proximité : c’est toute la tradition soufie, mais c’est aussi la tradition orthodoxe.

- le rapport de soi à soi

Il va y avoir ici, systématiquement, une valorisation de la dimension de l’homme, au nom de son innocence, au nom de sa responsabilité, avec l’exigence de son humilité. En permanence on relèvera dans la confiance les qualités que l’homme a, mais dans le souci d’être méfiant. chacun d’entre nous sait que certaines de ses qualités, dans certaines conditions, peuvent devenir des défauts. L’émotion et la sensibilité sont en soi positives. Mais une sensibilité mal placée peut se retourner et devenir un défaut. Une générosité peut devenir un défaut si elle est excessive. C’est là un aspect fondamental de ce que l’on peut appeler l’humanisme musulman : mettre en évidence une valorisation importante de ces qualités, mais avec le souci de cette maîtrise à tous les niveaux. Il nous faut reconnaître que nous sommes avant tout un don de celui qui nous a créés. La tradition prophétique dit que notre corps ne nous appartient pas et que chaque élément de notre être a des droits sur nous.

C’est la raison pour laquelle l’Islam commence toujours par l’universalité de la responsabilité avant l’universalité du droit. C’est la source d’un débat sur la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. On peut reconnaître sa valeur universelle en matière de droits. Mais on peut s’interroger sur sa pertinence à guider les hommes en matière de responsabilité.

Nos religions, en effet, nous enseignent que c’est notre responsabilité qui oriente nos droits. Si, en revanche, seul le droit circonscrit la responsabilité, chaque homme peut devenir, au nom de son droit, un être des plus destructeurs, qui légitime tout au nom du droit, ce que l’on a appelé la dictature du droit. Or nous sommes effectivement aujourd’hui dans une société du droit. Mais la vraie question est alors que, si nous avons des droits, quelle est la responsabilité qui habille notre droit ? Un droit "non habillé" de responsabilité est au risque de l’orgueil. Nous avons la responsabilité de la liberté de notre corps. Nous ne pouvons pas faire n’importe quoi de notre corps. C’est là une orientation éthique.

- le rapport de soi à sa famille

On ne peut que souligner avec force que le noyau de l’humanisme islamique n’est pas l’individu seulement. L’être humain est un être de sociabilité et sa première sociabilité est la famille. Lorsqu’on dit en occident que l’autonomie de la raison et le primat de l’individu sont deux fondements de la modernité, cela pose un problème en Islam. Il n’y a pas pour l’Islam de primat de l’individu en ce sens qu’il serait dégagé de tout lien d’humanité ; son premier lien d’humanité est le lien avec la famille. Il y a omniprésence de cette préoccupation : un humanisme au cœur même de la première relation sociale qui est celle de la reconnaissance des père et mère. Ce sont des valeurs déterminantes. Le droit de l’individu ne peut jamais faire fi de la responsabilité familiale. Reste à voir comment tout cela peut être géré, car cela peut devenir oppressant. Toute la question est de savoir où est l’équilibre.

- le rapport de soi à la société

Nous n’entrerons pas dans tous les détails. Il ne peut y avoir non plus ni science ni économie sans orientation, c’est-à-dire sans éthique. Ce qui gêne aujourd’hui dans tout le débat actuel sur la mondialisation, c’est qu’il faudra bien que l’on exige véritablement du consommateur et de l’ordre économique, d’aller plus loin. Il va falloir s’interroger non seulement sur le primat de l’économique au regard de tout autre type de rapport humain, mais finalement aussi sur l’éthique en économie. Au nom de quoi fait-on ce que l’on fait ? peut-on dégager d’aussi importantes sommes de bénéfices ?

La culture nous interpelle aussi profondément : Y a-t-il, ou non, une éthique en matière culturelle ? Peut-on, au nom de la liberté d’expression, admettre n’importe quelle expression et dire : libre est mon expression et elle peut dépasser tout limite éthique ? Sans doute l’expression artistique a son domaine spécifique. Mais quand une société est questionnée, de façon profonde, sur la liberté d’expression, au niveau de la sexualité par exemple, quand elle est placée en face d’un certain public, un public d’enfants ou d’adolescents notamment, elle ne peut pas systématiser un mode unique d’expression. Nous ne nous cachons pas de poser les vraies questions, quitte à paraître réactionnaires, alors que nous aimerions plutôt nous dire responsables. Quels principes gèrent la production culturelle ? Est-ce-que ce ne sont que des principes financiers ? Nous sommes tous confrontés aux mêmes problèmes.

Pour terminer, nous dirons que cet humanisme musulman, fondé sur une orientation, aboutit à la plus difficile des notions : en toutes choses, entre l’innocence, la raison et les choix que nous sommes amenés à faire, la position de l’équilibre est déterminante ; ne rien nier de ce que nous sommes, mais savoir nous maîtriser, pour tendre vers ce que nous voulons être. C’est une humanité qui fait face à elle-même, qui se valorise en connaissant les risques mais en exigeant de maîtriser ces risques et de maîtriser les excès.

Telles sont les lignes essentielles de l’humanisme musulman, qui se traduit au travers de la philosophie, au travers de la théologie et aussi au travers des perspectives, et qui recoupe dans ses conclusions, beaucoup de ce que l’on trouve dans les traditions chrétiennes et dans les traditions juives. Mais il est vrai qu’aujourd’hui - et nous y insistons beaucoup - au nom de la conception de l’homme, il est extrêmement difficile, au cœur même de l’Occident, pour quelqu’un de tradition musulmane, d’accepter sans réagir l’affirmation d’une primauté absolue des droits des êtres humains, sans qu’il soit insisté, en rapport précisément avec la Transcendance, sur l’obligation d’une responsabilité active.

D’où les débats et les confrontations intéressantes et possibles entre les deux traditions.

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11 janvier 2008

Quel humanisme pour l’islam ? (2/3)

Quel humanisme pour l’islam ? (2/3)

Les qualités fondamentales de l’être humain

Après avoir dit cela, on peut discerner pour l’être humain trois qualités fondamentales que l’on retrouve affirmées chez tous les philosophes musulmans. Elles pourraient faire l’objet d’un débat que l’on peut mener - et qui a été mené - avec la tradition chrétienne (beaucoup moins avec la tradition juive qui est plus proche de la tradition musulmane sur ce point).

L’innocence de l’homme

Le premier état de l’homme, c’est son innocence. Dans la tradition musulmane, il n’y a pas de notion de péché originel. C’est un état d’innocence totale, à tel point que, même lors des luttes qui opposaient les polythéistes et les musulmans de son époque, dans un rêve, le Prophète Mohammed voit les enfants de ses adversaires au Paradis et se demande comment les enfants de ses persécuteurs peuvent aller au paradis. C’est que Dieu ne comptabilise pour chacun que ses propres actes. Les enfants ne paient pas pour leurs parents. Ils sont tous innocents et Dieu les considère comme tels.

Cela est très important pour la compréhension même de l’humanisme. Si on commence par l’innocence, on est dans un rapport à soi qui est un rapport de non-culpabilité première. On ne peut être coupable d’être et de réagir en tant qu’être humain, On ne peut être coupable de sentir en soi la colère, la violence ou la haine. En revanche, et c’est très important, on devient coupable si on les laisse se développer en soi,, si on en perd la maîtrise et si on se soumet à ce qui s’exprimera du fait de cette perte de maîtrise. Il y a une dimension naturelle : ma colère est naturelle, mais me laisser aller à la colère peut être de l’orgueil ; au contraire, maîtriser ma colère peut être l’humilité suprême. Donc un état d’innocence première, important dans la tradition musulmane, et sur lequel se greffe une deuxième notion, qui découle de tout ce que l’on vient de dire.

La responsabilité de l’homme

Tout de suite après l’innocence il y a la responsabilité. Un être responsable dans les faits, responsable en particulier de son innocence ; c’est le plus grand défi pour un être humain.

Il semblerait que l’on soit proche ici des positions de J.-P. Sartre, exprimées par lui dans L’Etre et le Néant et résumées - peut-être mal résumées - dans sa conférence de 1946 L’existentialisme est un humanisme. Nous sommes condamnés à être libres, dit J.P. Sartre, et cette dimension de liberté absolue nous donne une responsabilité qui est première. Or dans la tradition musulmane, il y a bien l’idée d’une responsabilité première de l’homme. Mais, pour l’Islam, il y a d’abord cette dimension originelle de la Transcendance, sur laquelle on vient d’insister longuement, et c’est sur elle que se fonde la responsabilité première de l’homme.

L’humilité de l’homme - Entre Dieu et l’homme, un double rapport d’exigence et de confiance

A la responsabilité s’ajoute un élément très important, également constitutif de l’homme du fait de cette "étincelle" qui précède la raison : nous voulons parler de l’humilité. C’est une notion un peu difficile qu’en Occident on placerait volontiers dans la mystique ou la spiritualité. Dans la tradition musulmane, c’est une notion fondamentale.

Quand l’innocence croise le chemin de la responsabilité, ce qui est demandé devant Dieu, au nom de l’innocence que Dieu offre et au nom de la responsabilité qu’Il demande, c’est l’humilité. Etre humble, c’est donc à la fois reconnaître que Dieu est, reconnaître ce qu’Il est, et en même temps savoir ce que l’on peut faire au nom de ce qu’Il est. D’où, entre Dieu et l’homme, un double rapport d’exigence et de confiance.

Dieu a confiance en l’homme, Il ne se méfie pas de l’homme. Mais en revanche il lui demande de se méfier de lui-même. Le rapport de confiance réciproque est total. Ce qui est inversé, c’est que l’homme doit avoir complètement confiance en Dieu mais qu’il doit savoir que les hommes, lui-même comme les autres, sont capables de tout. Il n’y a, par conséquent, dans la tradition musulmane, aucune pensée prométhéenne, au sens d’une attitude de révolte vis-à-vis de Dieu. On ne se plaint pas de celui en qui on a confiance. Par contre se plaindre de soi, se plaindre des êtres humains, être révolté contre ce que l’homme peut faire peut être légitime. Mais jamais on ne se révolte contre ce que Dieu exige.

Faisons un instant allusion à des événements survenus en Belgique, qui avaient choqué certains musulmans. Il s’agit de l’affaire Dutroux et de la "marche blanche". Parmi les jeunes filles victimes il y avait une musulmane. Des musulmans avaient donc participé à cette marche. A un moment donné, le prêtre qui officie se tourne vers Dieu et le questionne. Dans la tradition chrétienne cela est pleinement compris ; c’est un acte de profonde piété. Mais les musulmans s’interrogeaient : comment peut-il parler à Dieu comme cela ? comment questionner Dieu ? Il y avait là une relation au Divin qui n’existe pas pour les musulmans. On ne questionne jamais Dieu sur ce qui s’est passé. On ne peut que se questionner soi-même sur ce que l’on aurait dû faire pour que cela ne se passe pas.

Dans la tradition musulmane cette attitude va revêtir deux aspects importants. Pour tout ce qui concerne le rapport à Dieu - ce que dans la tradition chrétienne on appelle le culte - c’est Dieu qui règle le culte, de façon extrêmement précise. Dans le culte, on n’intervient pas avec sa raison : les musulmans prient selon des textes très précis. Il n’y a pas, dans ce rapport à Dieu, le moindre choix possible. Les prescriptions relatives aux cinq prières par jour définissent une gestuelle très précise. Cela ne veut pas dire qu’entre les prières, on ne soit pas libre d’avoir un rapport à Dieu d’une autre sorte, un rapport de dialogue. Mais ici il s’agit de la prescription du culte. Dans la tradition musulmane, le culte est minutieusement réglé.

Par contre la vie en général, les affaires sociales, les comportements et les pratiques sont seulement orientés. On règle et on précise tout ce qui est de l’ordre du rapport à Dieu ; on oriente tout ce qui concerne le rapport entre les hommes. Par orientation il faut entendre un horizon éthique : il y a des limites. Dieu a confiance en vous, vous êtes libres d’aller dans tel ou tel sens, mais on ne fait pas n’importe quoi avec ses propres connaissances.

On comprend ainsi que, dans la tradition musulmane, il y a une double posture de l’humain. Par rapport au Transcendant, une exigence, une rigueur, une discipline personnelle face au divin : les cinq prières par jour, le jeûne, le pèlerinage, le fait de donner une taxe sociale purificatrice, en somme les "Cinq Piliers de l’Islam" sont prescrits dans toutes les communautés, dans toute l’histoire de la philosophie musulmane et ne se discutent pas. Le rapport à Dieu est du domaine du réglementé et donc de l’exigence.

A l’inverse, dans le rapport à l’homme, tout ce que l’on trouve dans les traditions et qui répond à l’innocence, à la responsabilité et à l’humilité, sont des orientations éthiques, des grands principes. Libérons la raison, mais posons des limites ; libérons l’autonomie rationnelle, mais prenons garde. Une autonomie rationnelle qui ne se référerait plus qu’à ses propres règles peut mener à l’excès, à l’orgueil, à un humanisme tendant vers le totalitarisme, en prenant l’homme comme centre de tout et finalité de toutes choses, ce qui peut être d’un danger extrême (pensons aux questions qui nous sont posées par les sciences aujourd’hui).

Donc autonomie de la raison quant à ses méthodes et ses pratiques(2) ; on a confiance dans cette faculté humaine. Mais toujours avec un souci venant de al-Fitra, cet horizon originel, qui met en évidence les limites et les principes éthiques. En définitive, une autonomie de la raison qui ne dise pas l’orgueil mais qui exprime l’humilité : tout est là. La raison peut-être l’expression du plus vivant orgueil mais peut être aussi, quand elle est nourrie par une lumière, l’expression d’un rapport très humble à l’Univers. Jamais, sauf quelques rares cas très contemporains, il n’y a eu de philosophe musulman qui ait séparé le savoir de l’éthique. Chez tous, à l’instar d’Averroès et d’Avicenne, ce souci d’unité est fondamental. Même quand ils parlent du rationnel et qu’ils veulent marier l’horizon religieux et l’horizon philosophique, ils n’oublient jamais cette double dimension d’une rationalité et d’une éthique.

Quel homme, donc, pour la pensée musulmane ? un homme avec une innocence, une responsabilité, une humilité ; un homme qui, dans son lien avec Dieu, se soumet à l’exigence d’une pratique cultuelle rigoureuse ; et qui, dans son rapport avec les autres hommes, dans sa pratique sociale, dans son rapport aux sciences, à l’organisation sociale et économique et à l’émergence d’une culture, peut être objet de confiance et jouit de sa liberté dans le cadre de principes qui orientent. Ces principes n’enferment pas, ils donnent des horizons essentiels, des horizons de respect de la dignité humaine, de respect des équilibres et de respect d’une certaine morale.

(2) On sait d’ailleurs que dans la tradition musulmane, et si l’on en revient au Moyen-Age, il y avait, en matière de mathématiques et de sciences expérimentales, des avancées considérables que connaît bien l’histoire des sciences et dont la transmission à l’Europe fut pour cette dernière quelque chose d’extrêmement important.

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Islam, problèmes actuels en science et religion

Islam, problèmes actuels en science et religion

Par Abd-al-Haqq Guiderdoni

Le monde musulman a rencontré la science moderne, au XIXème siècle, sous la forme d’un double défi, à la fois matériel et intellectuel. La défense de l’empire ottoman face à la poussée militaire des pays occidentaux, puis le succès de la colonisation, ont rendu nécessaire l’acquisition de la technologie occidentale, et donc de la science qui en est la fondation. Cette pression de la science moderne sur l’islam demeure encore très forte.

L’Occident apparaît comme le modèle de progrès qu’il faut rattraper, ou au moins suivre, en formant techniciens et ingénieurs, et en assurant le transfert massif des technologies indispensables au développement. Mais la rencontre entre l’islam et la science moderne a surtout suscité une réflexion d’ordre philosophique et doctrinal, en quelque sorte provoquée par un événement inaugural, la fameuse conférence « L’Islamisme et la Science » donnée par Ernest Renan (1823—1892) à la Sorbonne en 1883. Dans la perspective positiviste qui était la sienne, Renan y critiquait l’incapacité radicale des musulmans à produire des découvertes scientifiques, et leur inaptitude supposée à la pensée rationnelle. Cette conférence fut ressentie comme une provocation par les intellectuels musulmans de l’époque qui étaient en contact avec l’intelligentsia occidentale.

Ces intellectuels, dont Jamâl-al-Dîn Al-Afghânî (1838—1897) fut le précurseur, défendirent alors l’idée que l’islam n’avait pas connu de rupture entre religion et science, alors que le christianisme, surtout le catholicisme, avait vécu une longue période de conflit avec celle-ci. Pour eux la science moderne n’est rien d’autre que la « science islamique » autrefois développée par le monde musulman de l’époque classique (celui des califats umayyade et abbasside), et finalement transmise à l’Occident, dans l’Espagne du XIIIème siècle, grâce à des traductions qui permirent ensuite la Renaissance et les Lumières. Pour ces intellectuels à l’origine du courant « moderniste » de l’islam, il n’y a rien de mauvais, en principe, dans la science. Seules les distorsions imposées à la science par la vision matérialiste et positiviste des philosophes et scientifiques anti-religieux de l’Occident demeurent inacceptables. La science moderne n’a pu naître dans le monde musulman, pourtant très avancé à une certaine époque, à cause des « superstitions » ajoutées à la religion d’origine, qui ont incité au fatalisme quiétiste plus qu’à l’action. A l’issue de cette prise de conscience de l’engourdissement (jumûd) des sociétés musulmanes, les modernistes appellent à la renaissance (nahdah), par la réforme (içlâh) de la pensée islamique.

Cette position, très répandue dans le monde musulman, pose un certain nombre de problèmes, que l’on peut résumer en disant qu’il s’agit de savoir si la réforme doit conduire à « moderniser l’islam » ou à « islamiser la modernité ».

Les intellectuels musulmans qui travaillent sur les rapports de la science et de la religion puisent leur réflexion dans l’épistémologie de l’islam. En effet, la tradition islamique insiste sur la recherche de la « connaissance » (‘ilm), un mot qui revient plus de 800 fois dans le Coran et dans de nombreuses traditions prophétiques comme « la recherche de la connaissance est une obligation religieuse », ou « cherchez la connaissance jusqu’en Chine ». Cette connaissance a trois aspects : le savoir religieux transmis par la révélation, la connaissance du monde acquise par l’investigation et la méditation, et enfin, le savoir d’ordre spirituel accordé par Dieu. Les différentes attitudes face au rapport entre science et religion procèdent des éclairages différents qui peuvent être donnés à ces trois aspects. C’est le même mot (âyât) qui désigne à la fois les signes de Dieu dans le cosmos et les versets du texte coranique. De nombreux passages, appelés « versets cosmiques » (âyât kawniyya) par les commentateurs, attirent l’attention du lecteur sur les phénomènes de la nature, où celui-ci doit apprendre à déchiffrer l’œuvre du Créateur. La perspective fondamentale de l’islam est celle de l’affirmation de l’unicité divine (tawhîd), qui assure l’unicité de la connaissance, dans la mesure où tout savoir véritable reconduit à Dieu. En conséquence, il ne saurait y avoir de désaccord entre les données produites par la connaissance du monde et celles qui sont apportées par la révélation, ni cette « double vérité » (duplex veritas) condamnée dans l’Occident médiéval et faussement attribuée aux philosophes musulmans.

L’idée fondamentale de l’unicité de la connaissance apparaît dans les positions de deux acteurs majeurs de l’histoire de la pensée musulmane, dont les œuvres sont encore très lues aujourd’hui. Abû Hâmid Al-Ghazâlî (1058—1111) défend, dans le Libérateur de l’erreur (al-Munqidh min ad-Dalâl), que la certitude rationnelle est accordée par don divin. S’il y a désaccord apparent entre les résultats de la falsafah (la philosophie et la science d’inspiration hellénique) et les enseignements de la tradition religieuse, c’est parce que les philosophes ont appliqué leur investigation en dehors de son domaine de validité, et ont été amenés à énoncer des propositions fausses. Abû-l-Walîd Muhammad Ibn Rushd (1126—1198) affirme, sous la forme du long avis jurisprudentiel (fatwâ) que constitue son livre Le Traité décisif (Kitâb Façli-l-Maqâl), que la pratique de la philosophie et de la science est une obligation religieuse canonique. Pour lui, s’il y a désaccord apparent entre philosophie et révélation, ce sont les textes religieux qui doivent être soumis à interprétation (ta’wîl), sous peine de tomber dans l’impiété en faisant dire à Dieu des choses manifestement fausses. Les différentes positions des musulmans contemporains face à la science se répartissent selon trois courants principaux, qui suivent toujours, d’une façon ou d’une autre, cette ligne de l’unité de la connaissance.

Le courant majoritaire considère, dans le sillage des réformistes des XIXème et XXème siècles, qu’il n’y a rien d’intrinsèquement mauvais dans la science. L’Occident, qui est actuellement le producteur des découvertes scientifiques, doit être blâmé seulement pour sa vision matérialiste et son indifférence à la morale. Ce que ce courant place sous le nom de science, ce sont essentiellement les sciences de la nature, et non les sciences humaines pénétrées des valeurs anti-religieuses de l’Occident. La science est considérée comme pourvoyeuse de « faits » qui, en eux-mêmes, sont complètement neutres. Ce qui manque à l’Occident, c’est le sens de l’éthique que certains scientifiques occidentaux ont manifesté de façon personnelle, mais qui n’apparaît pas assez, ou pas du tout, dans les sociétés occidentales. Ainsi de grands scientifiques, comme le prix Nobel de Physique (1979) Abdus Salam (1926—1996), ont-ils pu se faire les avocats du développement de la science moderne dans le monde islamique. Ces défenseurs de la science rappellent les heures glorieuses de la grande époque de la science en islam, énumèrent la longue liste des savants musulmans « oubliés de l’histoire », et cherchent à construire un futur en promouvant le rôle émancipateur de l’éducation. Ce courant connaît actuellement un essor considérable, tout en étant, en quelque sorte, détourné à des fins apologétiques. En 1976, un chirurgien français, Maurice Bucaille (1920—) publia La Bible, le Coran et la Science où il étudiait les écritures saintes « à la lumière des connaissances modernes », et concluait à l’authenticité du Coran, en raison « de la présence d’énoncés scientifiques qui, examinés à notre époque, apparaissent comme un défi à l’explication humaine ». L’intention initiale n’était pas d’aborder les rapports entre science et religion en islam, mais de prendre part au débat des orientalistes et islamologues contemporains sur le statut du Coran, en apportant des éléments en faveur de l’authenticité de celui-ci. Cette idée des « preuves scientifiques » de la vérité du Coran fut propagée dans le monde musulman par les nombreuses traductions du livre de M. Bucaille, et amplifiée au point d’occuper une place dominante dans l’apologétique actuelle, où le thème traditionnel de « l’inimitabilité du Coran » (i’jâz al-qur’ân) est complètement réinterprété dans cette perspective de la « science coranique ». Les « savants occidentaux » qui y sont mis en scène reconnaissent dans le Coran les dernières découvertes de la science moderne (cosmologie, embryologie, géophysique, météorologie, biologie), et affirment ainsi la vérité de l’islam. Ceux qui défendent cette position envisagent la science sans se préoccuper de sa vision du monde, ni de ses présupposés épistémologiques et méthodologiques. Certains vont même plus loin lorsque, en sollicitant le texte sacré pour produire des énoncés scientifiques quantitatifs, comme une mesure très précise de la vitesse de la lumière, ils prétendent fonder une « science islamique » sur des méthodes complètement nouvelles. Or, ainsi que le rappelle le physicien Pervez Hoodbhoy, dans son livre Islam and Science qui s’insurge contre un tel détournement, « specifying a set of moral and theological principles — no matter how elevated— does not permit one to build a new science from scratch ».Pour lui il n’y a qu’une seule façon de faire de la science, et la « science islamique » de la glorieuse époque n’était autre que la science universelle, pratiquée par des scientifiques appartenant à la civilisation arabo-islamique.

Le deuxième courant refuse cette idée de science universelle, et met l’accent sur la nécessité d’examiner les présupposés épistémologiques et méthodologiques de la science moderne d’origine occidentale, qui ne sauraient être acceptés en l’état par le monde musulman. Ce courant se fonde sur les critiques émanant de la philosophie et de l’histoire des sciences. Karl Popper (1902—1994), Thomas Kuhn (1922—1996), et Paul Feyerabend (1924—1994), ont contribué, chacun à sa manière, à questionner la notion de vérité scientifique, la nature de la méthode expérimentale, et l’indépendance des productions de la science par rapport à l’environnement culturel et social où celles-ci apparaissent. Dans un climat fortement marqué par le relativisme et l’anti-réalisme de la déconstruction post-moderne, les critiques musulmans de la science occidentale refusent l’idée selon laquelle il n’y aurait qu’une seule façon de faire de la science. Ils cherchent à fonder les principes d’une « science islamique », en enracinant la connaissance scientifique et l’activité technologique dans les idées de la tradition islamique et les valeurs de la loi religieuse (sharî’a), avec des nuances qui résultent des différences d’interprétation.

C’est ainsi que Isma’il Raji Al-Faruqi (1921—1986) a élaboré un programme d’islamisation de la connaissance, relayé par la fondation, en 1981, de l’International Institute of Islamic Thought, à la suite des expériences et réflexions de Musulmans travaillant dans les universités et les instituts de recherche d’Amérique du Nord. Ce programme est basé sur la constatation d’un malaise dans la communauté musulmane (umma), qui trouve son origine dans l’importation d’une vision du monde étrangère à la perspective islamique. Pour l’IIIT, l’islamisation de la connaissance est globale : elle part de la parole de Dieu qui peut et doit s’appliquer à toutes les sphères de l’activité humaine, dès lors que Dieu a créé l’homme comme son « représentant » ou « vice-régent sur terre » (khalîfat Allâh fî-l-ard). Les travaux de l’IIIT conçoivent un projet pour le développement de la pratique scientifique au sein d’une vision religieuse du monde et de la société. L’entreprise de l’IIIT vise d’ailleurs davantage les sciences humaines que les sciences de la nature, considérées comme plus neutres du point de vue méthodologique. D’autres intellectuels, comme Ziauddin Sardar (1951—) et les membres de l’école de pensée plus ou moins informelle dite ijmâlî (ainsi auto-désignée en référence à la vision « synthétique » qu’elle propose), sont aussi conscients de la « menace » que fait peser sur l’islam la vision du monde occidentale apportée par la science. Profondément influencés par l’analyse kuhnienne du développement scientifique, ils constatent que la science et la technologie venues d’Occident ne sont pas des activités neutres, mais participent d’un projet culturel, et deviennent un outil pour la propagation des intérêts idéologiques, politiques et économiques de l’Occident.

Pour importer la science et la technologie modernes en islam, il faut reconstruire les fondations épistémologiques de la science, dans la perspective d’interconnexion entre les différents domaines de la vie humaine qui est propre à l’islam. Sardar lui-même compare la position des ijmalis à celle d’Al-Ghazâlî. Le troisième courant de pensée islamique est marqué par une réflexion approfondie sur les fondements métaphysiques de la vision du monde proposée par la tradition islamique. Seyyed Hossein Nasr (1933—) y apparaît comme la figure la plus importante. Il défend le retour à la notion de Science Sacrée. Ce courant trouve sa source dans la critique du monde moderne proposée par le métaphysicien français René Guénon (1886—1951), puis par des auteurs dans le sillage de celui-ci, comme Frithjof Schuon (1907—1994) et Titus Burckhardt (1908—1984), tous musulmans d’origine occidentale. Guénon explique comment la civilisation occidentale moderne représente une anomalie, dans la mesure où elle est la seule civilisation de l’humanité à s’être développée sans se référer à la Transcendance. Guénon rappelle l’enseignement universel des religions et traditions de l’humanité, qui sont autant d’adaptations de la Tradition primordiale, d’essence métaphysique. La destinée de l’être humain est la connaissance d’ordre intellectuel des vérités éternelles, et non l’exploration des aspects quantitatifs du cosmos. Dans cette perspective, Nasr dénonce, non le malaise de la communauté musulmane, mais celui des sociétés occidentales, obsédées par le développement d’une connaissance scientifique ancrée dans une approche quantitative de la réalité, et par la domination de la nature qui aboutit à la destruction pure et simple de celle-ci. La position de Nasr et des autres défenseurs de ce courant traditionnel, que certains ont choisi d’appeler « pérennialiste » (par référence à la Sophia perennis dont ils sont les transmetteurs), s’ancre non seulement dans une critique de l’épistémologie occidentale, mais dans une remise en question profonde de la conception occidentale d’une réalité réduite à la seule matière. Les pérennialistes proposent une doctrine de la connaissance comme une succession d’épiphanies, où la vérité et la beauté apparaissent comme des aspects complémentaires de la même réalité ultime. Ils appellent de leurs vœux le rétablissement d’une vision spirituelle du monde, et la réhabilitation de la « science islamique » traditionnelle qui préservait l’harmonie de l’être dans la création. En revanche, les critiques de cette position radicale l’accusent d’un certain élitisme, et mettent en avant la difficulté à réaliser son programme dans les circonstances actuelles.

Les différents courants de la pensée musulmane contemporaine témoignent d’une activité de réflexion intense sur les rapports entre science et religion. Le monde universitaire musulman agit ici comme un melting pot où de nombreuses idées d’origine islamique ou occidentale sont ré-élaborées dans la recherche d’une synthèse. Les éléments fondamentaux restent ceux de la pensée islamique : l’affirmation répétée de l’unicité de Dieu qui unit à la fois la création et l’humanité, la nature ouverte du processus même d’acquisition de la connaissance du monde, qui est par essence illimité puisqu’il a pour origine et pour terme la connaissance de Dieu, l’étroite interconnexion de la connaissance et de l’éthique, enfin la responsabilité de l’homme sur terre en tant que vice-régent, qui doit user du monde sans en abuser et se comporter comme le bon jardinier dans le jardin. Par ailleurs, la métaphysique qui sous-tend l’épistémologie et l’éthique est profondément marquée par la dialectique du visible et de l’invisible. Les phénomènes y sont les signes de l’action divine dans le cosmos. Dieu est d’ailleurs présent dans le monde, dont il ne cesse de « renouveler la création » à chaque instant (tajdîd al-khalq). L’articulation de cette forme d’occasionalisme avec la causalité, dans le déterminisme et l’indéterminisme de la science moderne, reste encore à élaborer.

La réflexion critique sur l’élaboration même de la science, comme activité marquée par une culture, est maintenant bien inscrite dans le débat. En revanche, il faut constater que les derniers développements de la science contemporaine, notamment ceux qui concernent l’incomplétude en mathématique, l’incertitude en physique quantique, l’imprévisibilité en théorie du chaos, ainsi que les interrogations de la biologie sur l’évolution, et des neurosciences sur la conscience, n’ont sans doute pas été assez médités. Ces développements peuvent en effet fournir d’intéressantes pistes pour briser la vision réductionniste et scientiste du monde, et constituent une sorte de pierre de touche pour une métaphysique et une épistémologie qui puissent donner du sens à la science telle qu’elle se fait dans les laboratoires et instituts de recherche.

Il s’agit finalement de fournir un contenu au terme de « science islamique ». La question est la fois du domaine de l’éthique (personnelle et collective), de l’épistémologie, et de la Weltanschauung de nature métaphysique qu’elle présuppose. Chaque courant de pensée doit faire face, lors du passage de la théorie à la pratique, à des problèmes spécifiques qui résultent de sa position particulière, mais aussi des difficultés économiques et sociales du monde musulman. Il reste à savoir dans quelle mesure le projet le plus ambitieux, celui de la science islamique en tant que Science Sacrée, peut être plus qu’un regard nostalgique sur le passé, et passer au stade de la mise en œuvre effective par une élite intellectuelle et spirituelle. L’avenir de la contribution de la civilisation islamique au développement de la connaissance universelle dépend de la réponse qui sera donnée à cette question.

Bibliographie :

-  Acikgenc, Alparslan, Islamic Science : Towards a Definition, ISTAC, Kuala Lumpur, 1996.

-  Al-Afghânî, Jamâl-al-Dîn, Refutation of the Materialists, and other texts, in An Islamic Response to Imperialism, Political and Religious Writings of Sayyid Jamal-al-Din al-Afghani, Nikki R. Keddie, University of California Press, Berkeley, 1983, pp. 107, 130—174, 175—180, 183.

-  al-Attas, S.M. Naquib, Prolegomena to the Metaphysics of Islam : An Exposition of the Fundamental Elements of the Worldview of Islam, ISTAC, Kuala Lumpur, 1995.

-  Arkoun Mohammed, « Le Concept de Raison Islamique », in Pour une Critique de la Raison Islamique, Maisonneuve et Larose, Paris, 1984, pp. 65—99.

-  Bakar Osman, Tawhid and Science : Essays on the History and Philosophy of Islamic Science, Secretariat for Islamic Philosophy and Science, Kuala Lumpur, 1991.

-  Bucaille, Maurice, La Bible, le Coran et la Science, Seghers, Paris, 1976.

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-  Hoodbhoy, Pervez, Islam and Science : Religious Orthodoxy and the Battle for Rationality, Zed Books Ltd, London, 1991.

-  Hourani, Albert, Arabic Thought in the Liberal Age 1798—1939, Cambridge University Press, Cambridge, 1983.

-  Ibn Rushd, Abû-l-Walîd, Kitâb Façli-l-Maqâl wa Taqrîr mâ bayna-sh-Sharî’a wa-l-Hikma mina-l-Ittiçâl, English translation : On the Harmony of Religion and Philosophy, G. Hourani, Luzac, London, 1976.

-  Lewis, Bernard, The Muslim Discovery of Europe, W.W. Norton & Company, New York, 1982.

-  Mohd Nor Wan Daud, Wan, The Concept of Knowledge in Islam, Mansell Publishing Limited, London, 1989.

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-  Nasr, Seyyed Hossein, The Need for a Sacred Science, Stony Brook University of New York, New York, 1993.

-  Salam, Mohammed Abdus, Ideals and Realities : Selected Essays of Abdus Salam, C.H. Lai (ed), World Scientific, Singapore, 1987.

-  Sardar, Ziauddin, Islamic Futures — The Shape of Ideas to Come, Mansell Publishing Limited, London, 1985.

-  Sardar, Ziauddin, Explorations in Islamic Science, Mansell Publishing Limited, London, 1985.

-  Sardar, Ziaduddin (ed), An Early Crescent : The Future of Knowledge and the Environment in Islam, Mansell Publishing Limited, London, 1989.

-  Stenberg, Leif, The Islamization of Science : Four Muslim Positions Developping an Islamic Modernity, Lund Studies in History of Religions, Lund, 1996.

Source :Etudes orientales ; Nos 23/24 (2005).pp 74-82.

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L'Islam et l'éthique médicale

L'Islam et l'éthique médicale

AU NOM DE DIEU,
LE MISERICORDIEUX,
LE COMPATISSANT
La qualité humaine de l’homme ne peut être considérée comme complète et ne peut se manifester sans des valeurs. La religion est la source des valeurs.
C’est une religion immuable (Sourate 6, verset 161).

Selon Dieu le Tout-Puissant. La religion est unique, invariable dans son message, Dieu dit :
Qu’il vous est tracé, en matière de religion, le chemin qu’il avait enjoint à Noé et que nous te révélons à toi, ainsi que ce que nous avons enjoint à Abraham, à Moïse et à Jésus (Sourate 42, verset 13).
Ces commandements comprennent les éléments de direction et de lumière :
Nous avons, en vérité, révélé la Tora où se trouvent une Direction et une Lumière (Sourate 5, verset 44).
Ensuite, Il dit de Jésus, Paix sur lui : Nous lui avons donné l’Evangile où se trouvent une Direction et une Lumière
(Sourate 5, verset 46).

Citer toute source de direction quelle qu’elle soit, c’est les citer toutes. J’emprunterai donc mes exemples à une civilisation qui a concrétisé et pratiqué ces valeurs, à savoir la civilisation de l’Islam. En cela, je tiens à rappeler que la civilisation islamique n’est pas l’héritage seul des Musulmans à l’exclusion des autres. Il s’agit plutôt d’une entreprise à laquelle ont contribué tous ceux qui ont vécu sur les vastes territoires issus de l’expansion de l’Islam qui s’étendent sur trois continents. Ce fut une civilisation qui s’est enrichie et s’est diversifiée grâce aux connaissances et aux sciences qui ont été apportées par ceux dont la vie et la conduite étaient également dictées par une religion et un ensemble de valeurs. Dans le domaine médical, cette civilisation islamique se prévaut de compter un nombre considérable de médecins juifs et chrétiens. Leurs prémisses dans la pratique médicale et leur code de conduite pour le traitement de leurs patients ont été guidés par les principes éthiques qui sont tirés de la religion.

Selon ces valeurs, les principes suivants déterminent la place de l’homme :

- L’homme est une créature honorée et respectée. Nous avons honoré les fils d’Adam. (Sourate 17, verset 70). Pour honorer l’homme comme il se doit, il faut qu’il soit en parfaite santé.

- L’éminent docte Al Shatbi dit dans son ouvrage intitulé « Les concordances » : (le canon a été établi pour préserver cinq éléments essentiels : la religion, l’âme, la procréation, la richesse et la raison.) De manière évidente, trois de ces cinq éléments essentiels ; l’âme, la procréation et la raison ; ne peuvent être vraiment préservés que si la santé est protégée au préalable.

- La vie sacrée, respectée et protégée est un droit inaliénable de tout être humain. La valeur d’un seul être humain correspond à la valeur de l’humanité entière. Dieu dit : « Celui qui sauve un seul homme est considéré comme s’il avait sauvé tous les hommes (Sourate 5, verset 32) »
Toute atteinte à la vie d’un être humain, qu’il s’agisse d’un fœtus, d’une personne âgée ou d’un handicapé, est une atteinte à toute l’humanité.
« Celui qui tue un homme qui lui-même n’a pas tué, ou qui n’a pas commis de violence sur la terre, est considéré comme s’il avait tué tous les hommes. (Sourate 5, verset 32) »

- La justice et la bienfaisance sont des valeurs primordiales. D’un point de vue linguistique dans le Coran, la justice comprend également la notion d’égalité.

La bienfaisance aussi est une des expressions les plus éloquentes du langage utilisé dans le Coran. Ce mot implique principalement la dimension de « qualité ». Ce qui est décrit comme « bienfaisant » est également « bon ». Dieu a promis une juste récompense à ses serviteurs : « …..qui écoutent la Parole et qui obéissent à ce qu’elle contient de meilleur (Sourate 39, verset 18) »
La qualité est nécessaire en toute chose. Le Prophète a dit : « en effet, Dieu a décrété la qualité (ou perfection) dans toute chose »
Mais le mot « bienfaisance » comprend également les notions d’altruisme et de compassion qui ont pratiquement disparu aujourd’hui de la pratique médicale. Il reflète aussi la disposition au « dévouement », qui est désiré pour ses semblables ce que l’on désire pour soi-même, et même de favoriser de manière altruiste ses semblables alors que l’on peut se trouver soi-même dans le dénuement.

La bienfaisance implique aussi une conscience vivante et l’observance de la loi de Dieu en tout acte et en tous temps. Le prophète a dit : « La bienfaisance, c’est l’adoration de Dieu comme si vous le voyiez. »

Dès les premiers temps de l’Islam, ces deux valeurs, la justice et la bienfaisance, ont été respectées et traduites dans la pratique. Les exemples suivants en sont des illustrations :

• Les patients ont le droit à être pris en charge par la communauté telle qu’elle est représentée par l’État. Al Balaziry dans son ouvrage intitulé « la Conquête des Territoires » relate que « En arrivant à Al Djabiyah à Damas, le deuxième Calife Omar croisa quelques lépreux chrétiens. Il ordonna qu’une part de l’aumône légale leur fût versée pour assurer leur subsistance ».

• Les enfants – tous les enfants – ont droit à la protection de la communauté telle qu’elle est représentée par l’État. Ibn Saad dans son ouvrage « Les Classes » relate que : « Omar attribuait cent dirhams aux nouveaux-nés, cette somme étant portée à deux cent lorsque l’enfant grandit et ensuite augmentait de manière proportionnelle. On donnait cent dirhams à chaque enfant trouvé et l’allocation était fournie au tuteur chaque mois et renouvelée chaque année. La communauté était instamment invitée à traiter les enfants trouvés avec compassion et gentillesse et une indemnité pour leur subsistance et leur allaitement était déboursée du trésor public ».

• Les faibles, les handicapés et les personnes âgées ont droit à la protection de la communauté telle qu’elle est représentée par l’État, comme ceci est affirmé dans le Pacte de Protection conclu entre Khaled Ibn Al Walid et le peuple de Hirah : « lorsqu’une personne âgée ne peut plus travailler ou est frappée d’infirmité ou bien encore était riche et est devenue pauvre, devant alors compter sur la charité de sa famille, je leur ai ordonné que cette personne soit exemptée de la taxe de défense et qu’elle reçoive une aide ainsi que les membres de sa famille, payée par le trésor public (financé par les Musulmans) aussi longtemps qu’elle reste établie sur la terre des Musulmans » (citation du Livre de l’Impôt).

Les exemples précédents montrent le rang de priorité accordé par l’État islamique à la santé en tant que droit de l’être humain quels que soient sa race, son sexe et sa religion. Les soins prodigués par l’État aux individus débutent à la naissance lorsqu’un allaitement maternel sain est assuré, et se poursuivent jusqu’à la vieillesse en garantissant les conditions d’une vie en bonne santé. Entre ces deux stades extrêmes de la vie, aucune personne malade, handicapée, frappée d’incapacité ou blessée n’est négligée ; toutes bénéficient de soins appropriés.
Et c’est la raison pour laquelle la médecine a sa place respectée parmi les doctes et les scientifiques dans l’Islam. Le docte célèbre Al Iss Ibn Abdel Salam dit dans son ouvrage intitulé « les bases du jugement dans l’intérêt de l’humanité » : (la médecine est semblable à la législation : elle a été créée pour garantir la sécurité, préserver une bonne santé et éviter les maux que constituent les affections et les maladies. La source de la législation et de la médecine est Une, et les deux servent à procurer des avantages aux gens et à leur éviter des maux).

Ainsi, depuis les toutes premières années du Message, un certain nombre de règles et de normes éthiques ont été élaborées pour régir la pratique médicale. Le Prophète (selon la citation d’Abu Naiim) a déclaré : « Celui qui pratique la médecine sans être compétent en la matière, et provoque par là même la mort d’un patient ou lui cause des blessures, sera tenu responsable et une compensation totale sera exigée de lui ».
Le système « Hisba », une ingéniosité singulièrement remarquable de cette nation, représentant une méthode « d’assurance de la qualité » au sens le plus large possible. Son application a débuté sous le règne des Califes « bien guidés ». Le système Hisba a ensuite été développé davantage et l’une des fonctions principales du muhtasib était de contrôler les médecins et de vérifier que leur pratique était correcte et qu’ils respectaient les normes éthiques.

Il n’y a guère de libres consacrés à la médecine qui soient parues sans que n’y figure une section sur l’éthique de cette noble profession. Les exemples sont très nombreux et nous citerons l’ouvrage publié au septième siècle de l’ère islamique « La lumière des Yeux et l’Opus des Arts » de Salahudin Ibn Youssuf AL Kahal al Hamawy, manuel d’ophtalmologie dans lequel il recommande à tous ses élèves de « savoir que cette profession est un don de Dieu accordé à ceux qui le méritent car le médecin devient l’intermédiaire entre le patient et Dieu Tout-Puissant lorsque le médecin cherche à rétablir la bonne santé du patient. Lorsque le patient recouvre sa santé par son entremise, le médecin est hautement honoré par la population mais il devient aussi célèbre par son art et est considéré comme étant digne de confiance. Alors, dans l’au-delà, il sera récompensé par le Seigneur de tous les êtres vivants puisque le bienfait qu’il procure aux créatures du Seigneur, et en particulier aux indigents et aux infirmes, est grand. Avec les autres valeurs éthiques louables, vous devez aussi acquérir les qualités de générosité et de compassion. Vous devrez donc rechercher la propreté, la chasteté, la pureté et la compassion. Respectez votre Dieu, notamment lorsque vous examinez des femmes et préservez leurs secrets, par bonté, par piété et par dévouement à la connaissance et refus des tentations de la chair ; … Restez proche des doctes, rendez visite régulièrement aux patients, efforcez-vous de les guérir, et recherchez les moyens pouvant leur faire recouvrir la santé. Si vous pouvez obliger les pauvres et leur rendre service sans contrepartie ou même à vos propres frais, alors faites-le ».

Certains médecins éminents ont consacré des livres entiers au sujet de l’éthique médicale. Il y a mille ans, Al Razzi a publié son livre intitulé « l’Éthique du Médecin ». Il s’agissait d’une lettre qu’il a adressé à certains de ses élèves et dans laquelle il disait « …. le médecin doit être aimable envers les gens, préserve leur réputation en leur absence et se montrant digne de confiance vis-à-vis de leurs secrets, puisque certains peuvent cacher certaines choses à ceux qui leur sont les plus proches tels leurs parents, leurs enfants et pourtant les dévoiler à leur médecin par nécessité. Et le médecin est appelé à traiter des femmes, des jeunes filles ou des jeunes garçons, qu’il respecte alors leur pudeur, n’outrepasse par la nécessité du traitement. Qu’il place sa confiance en Dieu et attende que la guérison vienne de Lui. Qu’il ne calcule pas les choses selon la valeur de ses efforts ou le gain qu’il en retirera et que Dieu soit son guide dans tout ce qu’il fait.
Pourquoi alors discutons-nous à nouveau de l’éthique de la médecine et de la santé aujourd’hui ?

Nous le faisons en raison des progrès récents qui ont été réalisés au cours des deux derniers siècles et tout particulièrement durant les vingt dernières années ; nous le faisons aussi parce que dans une certaine mesure, l’Occident a délaissé certaines valeurs et certains enseignements chrétiens ainsi que d’autres idéaux qui sont parvenus en Europe avec le retour des Croisés. Nous en discutons parce que la relation humaine qui existe entre le patient et le médecin a été affaiblie par l’effet de ces deux facteurs. Dans de nombreux cas, les médecins et d’autres personnes travaillant dans le domaine médical, à la recherche de fins principalement matérielles, ont oublié qu’il s’agissait en tout premier lieu « d’êtres humains » avec qui ils traitaient !
Les êtres humains sont devenus « des cas »………………………..
……………….tout simplement des machines nécessitant un entretien ou des réparations !
……………….de pures choses !

Par la suite, des progrès et des découvertes ont été réalisés qui ont été rendus possibles par des avancées technologiques et qui naturellement ont été utilisés par la profession médicale. Parmi ceux-ci, on peut citer :
- la transplantation d’organes
- la recherche sur les sujets humains
- la génie génétique
- les progrès réalisés dans le traitement de la stérilité
- les dispositifs qui maintiennent artificiellement les fonctions vitales permettant de garder un patient « en vie » même sans activité ni conscience pendant des années, à l’état végétatif pour ainsi dire.
Je n’ai donné ici que quelques exemples de ces avancées. Il va sans dire que d’autres questions se posent comme conséquences de ces avancées, lesquelles constitueront bientôt des dilemmes éthiques.
Exemples de dilemmes éthiques
- Avons-nous le droit de prélever des organes sur des êtres vivants ?
- Avons-nous le droit de faire le commerce des organes ?
- Pouvons-nous prélever des organes sur des cadavres ?
- À quel moment une personne est-elle considérée comme « morte » ?
- Est-ce lorsque cette personne cesse de respirer ou bien lorsque le tronc cérébral devient inerte ?
- Pouvons-nous effectuer des recherches sur un sujet sans sa permission ou sans avis ou avertissement concernant tous les détails des risques impliqués ?
- Pouvons-nous effectuer des recherches sur une femme enceinte ?
- Sur des fœtus ?
- Sur des membres d’une tribu lorsque le chef de la tribu donne son consentement ?
- Où fixons-nous les limites du génie génétique ?
- Devons-nous le permettre sans restriction ni contrôle ?
- Devons-nous le permettre jusqu’à un certain degré et l’interdire au-delà d’une certaine limite ?
- Quelle est notre position vis-à-vis de l’insémination ou de la fécondation artificielle (assistée) ?
- En ce qui concerne les bébés-éprouvette ?
- La maternité de substitution ?
- La parenté non déterminée ?
- Est-ce que le médecin qui a fait le serment de préserver la vie peut contribuer à y mettre un terme ?
- Le médecin peut-il aider son patient/sa patiente à mettre fin à ces jours pour échapper au stade terminal d’une maladie ?
- Pouvons-nous permettre ce genre « d’homicide » en lui donnant le nom de « mort provoquée par pitié » ou « euthanasie » ?
- Devons-nous débrancher le dispositif qui maintient artificiellement les fonctions vitales si le fait de prolonger la vie est futile ? S’agirait-il aussi d’une « mort provoquée par pitié » ? ou ne peut-on pas le considérer comme un « homicide » et est donc permissible ?
- Quelle est notre position en ce qui concerne le patient atteint du SIDA ?
- Allons-nous l’abandonner, en le réprouvant ? Ou allons-nous soulager sa détresse, le protéger et alléger ses souffrances tel que le Prophète nous l’a ordonné ?
- Devons-nous nous approcher de lui ? Et jusqu’à quel degré ?
- Faut-il conseiller au patient de continuer d’avoir des relations sexuelles normales ?
- Inversement, faut-il lui accorder des privilèges et des droits que nous n’accordons pas aux patients souffrant d’autres maladies telles la tuberculose, le paludisme ou la peste ?


- Article paru dans "Repère médical" N° 3 (Avec de légères modifications).

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Jeffrey Lang.. Vers l’Islam !

Jeffrey Lang.. Vers l’Islam !

Jeffrey Lang est un professeur américain en mathématiques, il s'est convertit à l'islam et raconte son histoire dans son livre: " le combat pour la foi", et dernièrement il a publié ses livres:"même les anges demandent"et "le voyage de l'islam vers l'Amérique"

Il nous raconte lui même son histoire:

" c'était une petite chambre, il n'y avait pas de meuble, sauf un tapis rouge , il n'y avait aucune décoration sur ses murs gris, et il y avait aussi une petite fenêtre d'où pénétrait une petite lumière, nous étions tous dans des rangs, moi j'étais dans le troisième rang, je ne connaissais aucun d'eux, nous nous courbions tous dans un mouvement monotone jusqu'à ce que nos fronts touchent la terre; le temps était calme, et une vague de sérénité régnait, j'ai regardé devant moi et une personne nous dirigeait, debout sous la fenêtre, elle portait une tenue blanche...je me suis réveillé de mon sommeil! J’ai vu ce rêve là plusieurs fois durant ces dix dernières années, et je me réveille toujours paisible après ». 

   A l'université de San Francisco; j'ai fait la connaissance d'un étudiant arabe que j'enseignais, et j'ai noué une bonne relation avec lui, il m'avait offert une copie du Coran, et quand je l'avais lu pour la première fois, j'ai senti comme si c'était le Coran qui "me lisait"!

Et un jour j'ai voulu rendre visite à cet étudiant à la mosquée de l'université, j'ai descendu les escaliers et je me suis trouvé devant la porte. Redoutant d’entrer, je suis donc remonté et j'ai pris une longue respiration, ensuite je suis redescendu et j'ai senti que mes pieds ne pouvaient plus me porter , j'ai posé ma main sur le passe de la porte , et je tremblais, puis je suis remonté une deuxième fois , et je me suis senti vaincu... j'ai pensé à retourner à mon bureau...plusieurs secondes se sont écroulées , des secondes pleines de mystères, des secondes qui m'ont poussé à regarder vers le ciel, et là le combat s'est achevé et j'ai fait une prière vers le ciel:

"Mon Dieu offrez moi la force d'entrer à la mosquée si tel est votre volonté.."

   J'ai descendu les escaliers, j'ai poussé la porte, à l'intérieur j'ai trouvé deux jeunes hommes qui discutaient, ils m'ont salué, et l'un d'eux m'a demandé si je voulais savoir quelque chose sur l'islam? J'ai répondu: "oui, oui......je le veux". Et après une longue conversation, j'ai montré ma volonté de me convertir à l'islam, l'Imam m'a alors dit: " dit: J'atteste " j'ai répété: "J'atteste", et il dit: "Qu'il n'y a pas de Dieu - je croyais toute ma vie à cette expression - sauf Allah", j'ai répété après lui, et il continua:"et que Mohamed et le prophète de Allah",je l'ai répété après lui.

Ces mots étaient comme des gouttes d'eau pures fraîches qui coulaient dans la gorge brûlée de soif d'un homme qui a failli mourir assoiffé!!

...je n'oublierai jamais ces moments où j'ai prononcé l'attestation pour la première fois, c'était le moment le plus difficile pour moi dans ma vie certes, mais c'était aussi le moment le plus fort et le plus libre.

   Deux jours après, j'ai appris ma première prière de "Djoumouaa"(prière du vendredi), l'Imam récitait le Coran, nous étions derrière lui, rangés épaule contre épaule, nous bougions comme si nous formions un seul corps, j'étais au troisième rang, nos fronts touchaient le tapis rouge, le temps calme régnait!! L’Imam était sous une petite fenêtre d'où pénétrait une petite lueur, il portait une tenue blanche!! Je me suis dit avec force: "oui c'est le rêve! Ce même rêve!!"...je me suis demandé: "est ce que je suis dans le rêve?" mes yeux étaient remplis de larmes,"assalamou alaïkoum wa rahmatou allah" (paix et clémence d'Allah sur vous) c’est la fin de le prière, et je me suis mis à observer les murs gris !! j'ai ressenti un frisson, car c'est la première fois que j'ai senti l'amour, cet amour qui ne s'obtient qu'avec le retour vers Allah!      (1)

"Par l'audace de mon esprit, par les battements de mon coeur

Par un amour qui a envahit tout mon être et qui demande"

"Je t'ai prié mon Dieu pour que tu sois content de moi

Et j'implore Ta satisfaction mon Dieu par mon amour à Toi "   (2)

   Et quand on pose la question au docteur Lang à propos de sa conversion à l’Islam, il répond:

"A un moment donné de ma vie, Dieu m'a aidé par sa clémence et son vaste savoir, quand je souffrais dans mon intérieur. C'était une souffrance et une douleur infernale, j'avais une grande capacité à remplir ce vide spirituel dans mon coeur,... et je suis devenu musulman...Avant l'Islam, je ne connaissais pas du tout le sens de l'amour, mais quand j'ai lu le Coran , une vague de miséricorde et de douceur a envahit mon coeur, j'ai senti cet amour perdurer dans mon coeur, ce qui m'a guidé vers l'Islam c'est bien cet amour irrésistible envers Allah"(3)

   "L’Islam c'est la soumission à la volonté de Allah, c'est un chemin qui guide à une élévation sans frontières, et à des degrés illimités de paix et de quiétude, c'est un moteur à toutes les capacités humaines, c'est le dévouement spontanée du corps, de la raison, du coeur et de l'esprit...(4)

   "Le coran c'est ce noble livre qui m'a pris de force, qui a possédé mon coeur, qui m'a fait soumettre à Allah, le Coran attire son lecteur à l'instant extrême, quand il lui semble qu'il est seul debout face à son Créateur..  (5)

   Et quand tu prends le Coran entre tes mains et que tu le lis attentivement, tu ne peux pas le lire indifféremment, il porte sur toi comme s'il en avait des droits.. il te parle, il te critique, t'intimide et te tient tête...j'étais de l'autre côté, et c'était évident que celui qui a envoyé ce livre me connaissait plus que je ne me connaissais moi même; le coran me dépassait toujours dans ma pensée, il répondait à me questions, et chaque nuit avant de dormir je posais mes questions et oppositions, mais je découvrais la réponse le lendemain, j'ai fait face à moi même à travers les pages du Coran...(6)

   Après mon Islam, j'ai fait des efforts pour assister aux prières afin d'écouter le son de la récitation du Coran, malgré que je ne connaissais pas l'arabe, quand on m'a demandé pourquoi, j'ai répondu:" pourquoi le petit nourrisson se calme à la voix de sa maman? Je souhaiterai vivre sous la protection de ce son jusqu'à l'éternité" (7)

"La prière est le principale instrument de mesure quotidien du degrés de la soumission du croyant à son Dieu, et quels beaux et merveilleux sentiments, quand tu t'inclines à ton Créateur par terre, de façon stable, tu sens que tu es transporté soudainement au paradis, tu respires de son air, tu sens de sa terre, tu savoures ses parfums, comme si tu as failli quitter cette terre, et que tu es entre les bras de l'amour pour ton Dieu.."(8)

"La prière du Fadjr (l'aube) est la plus émouvante des prières, il y a une certaine envie qui te pousse à te réveiller, alors que tout le monde dort, pour écouter le son du Coran qui remplit cette atmosphère nocturne si calme, tu sens comme si tu quittais ce monde et que tu voyageais avec les anges pour implorer ton Dieu à l'aube"(9)

Et pour conclure l'histoire du docteur Jeffrey Lang, on va citer son invocation à son Dieu: "Mon Dieu si je me tourne une seconde fois vers l'infidélité dans ma vie, mon Dieu tuez moi avant que cela ne se produise et sauvez moi de cette vie; mon Dieu je ne saurai survivre un jour sans croire en toi"  (10) .

Écrit par: le docteur  Abdel Mootti Eddalati

Traduit par Ihsene Taihi

source:

http://saaid.net

Références:

(1) résumé des deux livres: "le combat pour la foi" et " même les anges demandent". Mathématicien certes, mais ces paroles sont inondées d’émotions et de sentiments. Pour dire, ni les mathématiques ni la physique n’en sont exempts.

(2) des vers du Divan de "Abdel Mootti Eddalati"

(3) "même les anges demandent" p.211-280

(4) même livre p.75

(5) même livre p.209

(6) "le combat pour la foi" p.34

(7) même livre p.120

(8)"même les anges demandent" p.366

(9) "le combat pour la foi" p.111

(10) "même les anges demandent" p.234

Posté par sobhanak à 13:48 - connaître l'islam - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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