Le chiffre 3 témoigne la révélation céleste du Coran

Par Ibrahima Sakho

Professeur de Sciences Physiques

« La révélation du Livre émane d’Allah, le Puissant, le Sage » S.45-V.2 ;« Nous l’avons fait descendre en une nuit bénie » S.44-V.3 ;« Nous en avons fait un Coran arabe afin que vous raisonniez. Il est auprès de Nous, dans l’Ecriture - Mère (l’originale au ciel), sublime et rempli de sagesse » S.43-V.3, 4

1. Introduction

Pour le Musulman croyant, les versets des sourates 43 à 45 susmentionnés suffisent comme argument pour la justification du caractère céleste de la révélation coranique. Le Musulman croyant n’a donc nul besoin de preuves numériques ou de preuves de quelque autre nature que ce soit, pour affirmer sans hésitation aucune, la véracité de la nature divine du Coran. Pour le Musulman, l’acceptation du Coran en tant que Livre révélé par Allah est une des conditions sine qua non à son statut de croyant adhérant par la langue et par le cœur à l’appel du Messager d’Allah (Salut et bénédiction sur lui). Précisons au passage que la croyance aux Livres révélés est un des six piliers de la foi musulmane. Dans le hadith narré par ‘Omar Ibn al-Khattab (qu’Allah l’agrée) et rapporté par Mouslim, l’Archange Gabriel (Paix sur lui) interpella le Messager d’Allah (Salut et bénédiction sur lui) à propos de la Foi en ces termes :

« Ô Mouhammad, informe-moi sur la Foi. C’est répondit le Prophète, croire en Allah, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses Prophètes, croire au Jour Dernier, croire au Destin tant en son bien qu’en son mal »

Ainsi, l’acceptation du Coran en tant que l’apothéose de tous les autres Livres antérieurement révélés (Zabour, Thora, Evangile), relève de la Foi et en conséquence n’a nul besoin d’invocation de la raison. Bien sûr qu’il ne s’agit pas d’une croyance aveugle et irréfléchie au caractère sacré du  Coran. La foi musulmane est un état spirituel en perpétuelle construction, sous-tendue par la méditation quotidienne des signes innombrables du Tout Puissant Créateur de l’univers : Allah le Dominateur Suprême.

« En vérité, dans la création des cieux et de la terre et dans l’alternance de la nuit et du jour, il y  a  des signes pour les doués d’intelligence ; qui, debout, assis, couchés sur leurs côtés, invoquent Allah et méditent la création des cieux et de la terre (disant) : Notre Seigneur ! Tu n’as pas créé cela en vain. Gloire à Toi ! Garde-nous du châtiment du Feu ». S.3-V.190-91

Pour clore cette page introductive, notons que ce présent travail sera perçu différemment par les lecteurs auxquels il est destiné. C’est pourquoi, nous osons espérer avec la permission et l’assistance d’Allah, que la lecture sincère de cet article :

  • Accroîtra la foi du Musulman croyant ;

  • Déclenchera le sentiment de sincère retour vers Allah et Son Messager chez le Musulman non averti (ce produit de l’école occidentale qui n’hésite pas à fouler au pied les recommandations d’Allah et les enseignements de Son noble Messager pour satisfaire un désir incompatible avec les principes de la foi musulmane) ;

  • Éclairera la lanterne du non Musulman qui doute encore de l’universalité du Message coranique incarné par notre Bien-aimé Prophète Mouhammad (Salut et bénédiction sur lui) envoyé comme témoin de la Miséricorde d’Allah sur l’ensemble de Ses créatures.

2. Le nombre de sourate du Coran est-il égal au nombre de Basmalah ?

D’après A’bdallah Ibn A’mr Ibn al A’ss (qu’Allah les agrées), l’Envoyé d’Allah (Salut et bénédiction sur lui) a dit : « [Au Paradis], on dira au compagnon du Coran : ‘’récite et monte comme tu récitais en psalmodiant dans le bas monde. Ta demeure sera là où tu réciteras le dernier verset que tu connaisses’’ »Rapporté par Abou daoud et tarmidi.

Tout compagnon du Coran sait que parmi les 114 sourates que comporte le Livre d’Allah figure une et une seule qui ne commence pas par la Basmalah ou par la formule d’ouverture : Bismillahi Arrahmani Arrahimi (Au Nom Allah, le détenteur de la Miséricorde, le Très Miséricordieux). Pourtant, s’il y a 114 sourates, il y a aussi autant de Basmalah. La 114ème Basmalah manquante en entête de la sourate 9(At-Tawbah) se retrouve intégralement dans la sourate 27(An- Naml). Tout se passe comme si  la Basmalah omise en entête de la sourate At-Tawbah a été transférée dans la sourate An-Naml. Cependant Seul Allah sait.

Nombre d’exégètes musulmans ont précisé dans leurs essais de commentaire du Coran, les raisons de l’absence de la Basmalah au début de la sourate 9. Citons deux d’entre eux parmi les plus célèbres.

  • Pour le Professeur Muhammad HAMIDULLAH 1:La sourate At-Tawbah a deux titres : « le Désaveu », tiré du verset 1, et, « le Repentir », du verset 118. Elle est la seule qui ne commence pas par le Nom d’Allah [Basmalah], étant considérée comme une continuation de la sourate 8, ou du faite qu’elle annonce la fin de la paix entre musulmans et associateurs.

  • Pour le Dr. Salah ed-Dine Kechrid2 :Lorsque le Calife Abou Bakr ordonna de classer définitivement les différents chapitres du Coran, les compagnons du Prophète qui écrivaient les versets au fur et à mesure de leur révélation hésitaient à rattacher le chapitre IX au précédent ou à en faire un nouveau chapitre. Finalement ils optèrent pour un compromis. Ils en firent un nouveau chapitre mais sans le débuter par la fameuse formule : « An nom de Dieu le Miséricordieux par essence et par excellence ». C’est cette solution qui a été définitivement adoptée jusqu’à nos jours et jusqu’à la fin des jours.

Ainsi, si les raisons pour lesquelles l’omission de la Basmalah au début de la sourate 9est clairement précisées par les deux citations précédentes, il est à noter que l’introduction de la 114éme Basmalah dans la sourate 27est passée sous silence par nombre d’exégètes musulmans. Une question habite dés lors l’esprit : quels enseignements peut-on tirer de l’absence de la formule  Bismillahi Arrahmani Arrahimi en entête de la sourate 9et du fait qu’on la retrouve intégralement dans la sourate 27? Nous nous intéressons à ce dernier point dans le cadre d’une approche  numérique.

3. Le chiffre 3 se révèle dans la problématique de la « Basmalah » manquante en entête de la sourate At -Tawbah

Dans la sourate 27du Saint Coran, on apprend que  durant son règne, le Prophète Salomon (Paix sur lui) envoya par l’entremise d’une huppe, une lettre à la reine de Saba pour l’inviter à se soumettre à Allah Puissant et Grand. Ayant reçue la lettre, la reine interpella ses notables en ces termes :      

« … Ô notables ! Une noble lettre m’a été lancée ; Elle vient de Salomon, et c’est : « Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux » verset 29- 30.

Dans ce qui suit, nous nous proposons de comparer du point de vue numérique les sourates 9et 27du Saint Coran. Dressons à ce propos le tableau suivant :

Sourate

Eléments de comparaison

Observations

Sourate ne contenant pas de Basmalah :

At-Tawbah (le repentir)

Numéro d’ordre

9

=

3

x

3

Nombre de versets

93

=

31

x

3

Sourate contenant la 114ème Basmalah :

An-Naml (les fourmis)

Numéro d’ordre

27

=

9

x

3

Nombre de versets

129

=

43

x

3

N° du verset contenant la Basmalah

30

=

10

x

3

Nombre de mots du verset contenant la Basmalah

9

=

3

x

3

Somme

297

=

99

x

3

            Les résultats du tableau ci-dessus montrent de façon que  n’ébranle aucun doute, que le chiffre 3 se révèle comme un miracle numérique dans la problématique de la formule d’ouverture Bismillahi Arrahmani Arrahimi ne figurant pas dans la seule sourate 9 = 3x 3 et ne se retrouvant que dans la seule sourate 27 = 3x 9. On remarquera alors que :(n° d’ordre de la sourate An-Naml) 27 = 3x 9 ( n° d’ordre de la sourate At-Tawbah ). On remarquera aussi, que la somme des facteurs multiplicatifs du chiffre 3(chiffres de la 5ème colonne du tableau ci-dessous), donne exactement 99 = 3 x33c’est-à-dire le nombre des noms sublimes de Dieu.

D’après ce qui précède, on peut dire sans risque de se tromper qu’une  Intelligence établit un programme numérique basé sur le chiffre 3pour préciser le numéro d’ordre et le nombre de versets que  comporte la seule sourate du Coran qui ne commence pas par la formule Bismillahi Arrahmani Arrahimi ainsi que  le numéro d’ordre et le nombre de versets de la seule sourate qui contient intégralement cette formule. La question triviale qui en découle est alors : Qui est cette Intelligence ? Le chiffre 3tranche la question.

4. Le chiffre 3 témoigne la révélation céleste du Coran

Avant de répondre à l’interrogation ci-dessus, il est bon de rappeler les principes de classification des versets coraniques durant la période de la Révélation. Ce qui permettra d’illuminer les acteurs pouvant être impliqués dans la problématique de cette révélation : Allah, Son Messager (Salut et bénédiction sur lui) et les Compagnons du Messager (Salut et bénédiction sur lui). Citons à ce propos le Dr. Salah ed-Dine Kechrid2 sur la classification des versets et des chapitres du Coran ainsi sur ses premiers assemblages.

« La classification actuelle des versets et des chapitres du Coran est parfaitement conforme à celle du Coran de Othman (3ème Calife).Elle a été arrêtée par Zeyd ibn Thabet, en accord avec l’unanimité des compagnons du Prophètes, dont Othman lui-même.

Cette classification ne suit pas l’ordre chronologique de la révélation des versets. Ainsi, par exemple, les chapitres 2, 3, 4 et 5 sont médinois et viennent dans le Coran avant plusieurs chapitres mecquois révélés avant eux.

C’est d’ailleurs cet ordre qui  été définitivement adopté par le Prophète peu avant sa mort.

Ainsi la classification des chapitres, de même que la numérotation des versets sont l’œuvre du Prophète lui-même inspiré par Celui qui l’a envoyé « comme grâce et miséricorde à toute l’Humanité ».

On classe le Coran en chapitres préhégiriens ou mecquois et en chapitres post-hégiriens ou médinois. […]

Au fur et à mesure de la révélation des versets  du Coran, Le Prophète les apprenait par cœur et chargeait ceux de son entourage qui savaient écrire de les noter sur des morceaux d’écorce de palmier, ou de parchemin, des omoplates de chameaux, des feuilles de Papyrus ou de pierres polies.

Parmi ses secrétaires il y avait notamment :

  • Abdallah ibn Messaoûd ;

  • Ali ibn Abitaleb (jeune cousin du Prophète et élevé par lui);

  • Zeyd ibn Thabet ;Oubey ibn Kaâb et d’autres.

En outre, tous les nombreux compagnons du Prophète qui vivaient constamment à ses côtés les apprenaient par cœur, en totalité ou en partie.

Les versets n’ont pas été révélés dans leur ordre  actuels mais suivaient les faits et  événements qui ont jalonnés la vie de la jeune communauté religieuse.

Ce n’est que par la suite que le Prophète, sous l’inspiration de l’Ange Gabriel, classifia les versets et les chapitres dans l’ordre qui nous ai parvenu jusqu’à ce jour. Le Prophète disait à ses secrétaires : placez tel verset à telle place de tel chapitre ».

De cet extrait du Dr. Salah ed-Dine Kechrid ressort clairement le fait que la classification des chapitres et  la numérotation des versets du Coran sont l’œuvre du Prophète Mouhammad (Salut et bénédiction sur lui). Il dit aux secrétaires : placer le verset :Elle vient de Salomon, et c’est : « Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Tout Miséricordieux »comportant exactement 9 (3x3) mots arabes, au verset 30 (3x10) de la sourate 27 (3x9).

Mais puisque le Prophète ne savait ni lire ni écrire, alors il ne pouvait se baser sur aucun programme numérique pour utiliser ce chiffre 3 se révélant dans la problématique que pose la sourate At-Tawbah qui ne commence pas par la Basmalah et la sourate An-Naml contenant cette Basmalah. Cela ne peut être que l’objet d’une révélation céleste :

« Et il ne prononce rien sous l’effet de la passion » ; « Ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée » ;« Que lui a enseigné [l’Ange Gabriel] à la force prodigieuse ». S.53-V.3-5

Les versets susmentionnés confirment alors que la classification des chapitres, de même que la numérotation des versets sont l’œuvre du Prophète lui-même inspiré par Celui qui l’a envoyé « comme grâce et miséricorde à toute l’Humanité ».

Pourtant, en « interrogeant » le chiffre 3on arrive à la même conclusion.A la question de savoir qui a révélé le Coran ?, le chiffre 3« répond » : compter le nombre de fois que le nom Allah est cité dans la sourate 27 contenant la formule « Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux ». Vous trouverez la réponse.

Faisons alors le décompte :

Résultat : Allah est cité exactement 27 fois dans la sourate An-Naml et le nom du Prophète zéro fois. Le résultat  27 coïncide non seulement avec le numéro d’ordre de la sourate An-Naml mais aussi ce résultat est un multiple du chiffre  3 et le facteur multiplicatif n’est rien d’autre que le chiffre 9 c’est-à-dire le numéro d’ordre de la sourate At-Tawbah.

Un autre aspect non négligeable réside dans le fait que la formule « Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux » (voir formule arabe ci-dessus) contient exactement 3noms de Dieu : Son nom propre Allah et Ses deux noms Arrahman (le Détenteur de la Miséricorde)  et Arrahim (le Très Miséricordieux) : Ces deux derniers noms étant deux des Ses 99 noms divins (99 = 3x 33).

D’après ce qui vient d’être développé, il ressort clairement que le chiffre  3 se révèle comme un miracle numérique et atteste qu’en vérité :« La révélation du Livre émane d’Allah, le Puissant, le Sage » S.45-V.2 ;Un Coran auprès de Lui« ...dans l’Ecriture - Mère (l’originale au ciel), sublime et rempli de sagesse » S.43-V.3,           

A la question de savoir qui a révélé le Coran ? Le chiffre 3 répond :

            Puisse Allah agréer notre œuvre et celle de tout croyant engagé dans la voie de la défense et de la préservation de Sa Parole : le Sublime Coran.

Référence

1Muhammad HAMIDULLAH, Le Saint Coran et sa traduit en langue française du sens de ses versets,  (Presses du Complexe du roi Fahd,  Madinah Munawwara, 1410 H).

2Dr. Salah ed-Dine Kechrid, Initiation à l’interprétation objective du texte intraductible du Saint Coran, (3ème édition, Beyrouth- Liban, 1984).

Par Ibrahima Sakho